Les Iles Vanille se mettent à l’heure malgache avec les deuxièmes assises de ce postulat régional, d’un choix clair en matière de stratégie touristique, à Antananarivo ces jours-ci. L’occasion de poser un autre jalon pour une nouvelle avancée avec le recrutement de Derek Savy comme responsable de promotion et de marketing des Iles Vanille et la confirmation de Karl Mootoosamy pour épauler Pascal Viroleau, directeur exécutif. La présidence des Iles Vanille est assurée présentement par le ministre seychellois du Tourisme et de la Culture, M. Alain St. Ange.
Cependant, on ne s’explique pas l’absence de l’île Maurice à cette importante réunion régionale. Les autres pays-membres, Madagascar, les Seychelles, la Réunion, les Comores sont représentés à l’échelon ministériel. Le ministre mauricien du Tourisme avait choisi en début d’année de ne pas se rendre au Carnaval de Victoria, un évènement qui figure pourtant au calendrier des îles Vanille, et la participation de la délégation mauricienne à ce carnaval haut en couleurs, qui a l’ambition de devenir le carnaval des carnavals, avait été décidée à la dernière minute. Le ministre Sik-Yuen récidive puisqu’il a décidé de bouder cette réunion sur le sol malgache. Ce qui représente aux yeux de nos populations un affront à la présidence seychelloise et à nos partenaires malgaches qui accueillent cette réunion.
L’attitude de Maurice est incompréhensible d’autant qu’en ces temps de morosité économique internationale, les Iles Vanille sont destinées à assurer une plus grande visibilité à nos destinations, à mettre en lumière les couleurs, les particularités de nos îles. Le ministre seychellois du Tourisme et de la Culture a raison de souligner “the uniqueness and strengths of the region as a whole as well as the opportunities that exist to further develop existing markets and break into new markets by offering dynamic combination packages”. Et c’est bien vrai que notre accueil proverbial, nos plages, nos populations diverses, nos cultures multiples sont bien des atouts à mettre en évidence. Et comme on le dit toujours, l’union fait la force. C’est que ne semble pas comprendre l’île Maurice qui choisit l’équivoque, le malentendu en opposition à la clarté de ses choix, à la coopération régionale. Et loin du postulat, de la stratégie, des plans d’avenir, et des actions de la Commission de l’Océan Indien.
Il est certain que l’Europe demeurera pour longtemps encore notre principal marché émetteur, attiré par les atouts, les originalités de nos destinations. Bien sûr en accueillant bientôt les Maldives et dans un avenir, que nous espérons pas trop lointain, le Zanzibar, les Iles Vanille ont une belle carte à jouer pour rendre nos destinations plus visibles aux yeux de l’Asie, des pays émergents. Car en ces temps de difficultés économiques qui tétanisent la Zone Euro, l’heure est aussi à la diversification de nos marchés. Les Iles Vanille devraient pouvoir également, maintenant que la menace des pirates somaliens semble contenue, atténuée, voire contrôlée, jouer la carte des croisières dans notre région. Les Caraïbes nous montrent le chemin à suivre dans ce domaine. Ce qui assurera une connectivité accrue entre nos îles. Il s’agit aussi d’insérer la culture au coeur de nos industries touristiques, nos populations, les petits opérateurs économiques l’environnement au nombre de nos préoccupations nationales.