Maurice n’étant qu’à quelques heures de vol des pays du continent européen, l’apparition des nouvelles drogues, présentées sous différentes appellations, allant de Black Mamba à Bath Salts, en passant par Salvia, Annihilator, entre autres, ne s’est pas fait attendre. Si le vieux continent rencontre une foule de problèmes avec l’émergence de ces nouvelles substances, répertoriées par l’office des Nations unies sur les drogues et le crime (UNODC), il va sans dire que les premiers effets se font ressentir dans notre petite île. Durant les dernières semaines, deux jeunes ont été coffrés par la police ; le premier était en possession de Black Mamba, le second, avec du Mary Joy…
Il est impératif, déclarent les travailleurs sociaux sur le terrain, « de savoir ce que contiennent ces substances ; quelles en sont les composantes réelles, leurs caractéristiques et comment ils affectent le métabolisme humain lors de la consommation. Il faut aussi travailler sur des approches envers ces consommateurs et, tout aussi important, élaborer des structures où ces produits seront, pourquoi pas, disponibles selon une réglementation plutôt que d’avoir recours à un marché noir ou un marché parallèle… »
En substance, les travailleurs sociaux engagés sur le terrain en ce qui concerne la toxicomanie expliquent que « la nouvelle donne, avec ces nouveaux produits synthétiques, que sont le Black Mamba, les Bath Salts, le Spice, Annihilate ou Salvia, vient redéfinir le profil du consommateur… On ne peut évoquer, à ce stade, de toxicomane, puisqu’on ne connaît pas l’ampleur du problème ».
Pour Imran Dhannoo, directeur du Centre Idrice Goomany (CIG), « la priorité est de savoir ce que contiennent ces produits. À ce stade, moi, en tant que responsable d’un centre et actif sur le terrain, j’ai rencontré des personnes, certaines jeunes, d’autres moins, qui m’ont confié avoir fumé ces produits. Mais, valeur du jour, je n’ai ni vu ni touché ces produits concrètement. » Ce qui l’inquiète, c’est « le fait qu’on ne connaît pas les composantes réelles de ces produits, on ne peut savoir quelles sont leurs répercussions sur le métabolisme humain. Donc, ces jeunes ou moins jeunes qui vont toucher à ces produits servent, au final, de “cobaye” ! » Notre interlocuteur ajoute que « selon les bribes d’informations que nous avons pu glaner jusqu’à présent, nous avons compris que ces substances proviennent en grande partie du côté de la Chine. Il y a, actuellement dans cette région du monde, un nombre grandissant de labos clandestins où des chimistes sont à l’oeuvre en permanence. Leur but : modifier les molécules déjà catégorisées comme nocives et illicites, mais garder leurs caractéristiques, c’est-à-dire, aider à planer, halluciner, délirer… tout en n’étant pas détectables comme des produits nocifs et illégaux. »
Ce qui a amené l’appellation « legal high », adoptée par les Nations unies, plus précisément, l’Office des Nations unies sur le Crime et la Drogue (ONUCD). Dans son dernier rapport, en date de juin dernier, en marge du 26 juin, journée internationale de la lutte contre la drogue et l’usage des stupéfiants et le trafic, le World Drug Report 2013 consacre toute une partie aux New Psychotic Substances (NPS) (voir plus loin).