La collection Maurice a présenté au début du mois, un vingtième numéro qui vient donc conclure vingt années au service de la création littéraire mauricienne. Atteindre vingt ans pour une revue de nouvelles, particulièrement à Maurice, confine à l’exploit tant ont été éphémères les titres consacrés à la littérature ces dernières décennies. Rama Poonoosamy et ses collaborateurs ont tenu le cap avec le soutien de nombreux sponsors, publiant chaque année une série de textes « balisés » comme le dit Edouard Maunick en préface par un thème différent chaque année. Cette fois-ci trente-et-un auteurs ont écrit à propos de musique. Une occasion de retrouver les auteurs les plus fidèles et d’en découvrir de plus rares.
Le premier numéro de la Collection Maurice était constitué en 1994 de textes en français, puis très vite l’anglais s’y est ajouté avant qu’une formule trilingue, anglais-français-créole ne soit définitivement adoptée. Pour ceux qui ne connaissent pas encore cette revue de nouvelles, cela signifie que les auteurs choisissent de s’exprimer dans l’une ou l’autre de ces langues, l’ouvrage ne proposant pas de traductions à partir des langues originales d’expression. Vingt ans représentent aussi une période suffisamment longue pour voir des écrivains se révéler et malheureusement, d’autres disparaître. Rama Poonoosamy a rappelé les noms de ces derniers lors du lancement de ce vingtième numéro qui a fait l’objet d’une réception à la résidence présidentielle à Réduit : Lilian Berthelot, Roger Cerveaux, Régis Fanchette, Radharajen Jaganathen, Emmanuel Juste, Marcelle Lagesse, Kamini Ramphul, Linley Raynal, Guy Runghen et Henri Souchon.
La collection Maurice s’est fixé pour principe d’offrir une tribune mauricienne aux écrits courts d’auteurs confirmés tels que Lindsey Collen, Edouard Maunick, Ananda Devi ou Bertrand de Robillard, d’accompagner de jeunes auteurs et de favoriser la naissance de nouveaux. Elle a ouvert un possible lectorat à des écrivains en herbe et certains auteurs ne se manifestent qu’à travers elle. Dans un inventaire dressé à la fin de ce vingtième numéro, on découvre que Lindsey Collen est la seule contributrice à avoir franchi au fil des numéros, la barre des trente nouvelles avec trente-sept textes en créole et en anglais publiés, suivie par Shenaz Patel qui en a publié vingt-six en français et en créole.
Parfois des auteurs anciens tels que Robert Edward Hart, Marcel Cabon ou Savinien Mérédac sont présents pour lancer une thématique, et c’est au total 542 textes littéraires écrits par cent-vingt et un auteurs, traversés par toutes sortes de courants qui ont composé cette collection sur des thèmes aussi variés que les femmes, la nuit, les histoires effrayantes, la mer, les arbres, les combats ou l’humour.