Amine Jaafari est dévasté quand il apprend que sa femme est soupçonnée d’être la kamikaze ayant ôté la vie à 17 personnes. Comme elle était loin d’être intégriste, et encore moins pratiquante, il ne trouve aucune motivation qui aurait pu l’inciter à passer à l’acte. Commence alors une quête de la vérité. Un cheminement qui l’amènera à exprimer ses émotions par le biais de réflexions ou encore la résurrection de
vieux souvenirs… À travers « L’attentat », Yasmina Khadra (Mohammed Moulessehoul de son vrai nom) aborde le thème des kamikazes israéliens. Sujet controversé mais dans lequel l’auteur semble exceller.
Chirurgien de profession, Amine Jaafari est un Palestinien ayant adopté la nationalité israélienne. Après avoir opéré un patient, il s’apprête à rejoindre sa femme Sihem lorsqu’un attentat majeur est perpétré. Ce ne sera que plus tard que ses collègues et la police l’informeront que sa femme a été tuée. Le sol se dérobe sous ses pieds quand on lui apprend qu’elle est soupçonnée d’être la kamikaze de l’attentat.
C’est à cet instant qu’Amine remettra en cause toutes ses convictions. Elle ne lui cachait rien. Serait-il tombé amoureux de l’image qu’il avait conçu d’elle ? Sans quoi, qu’est-ce qui l’aurait incitée à commettre l’irréparable en se faisant exploser dans un restaurant bondé d’enfants ?
« On a beau s’attendre au pire, il nous surprendra toujours. Et si par malheur, il nous arrive d’atteindre le fond, il dépendra de nous et de nous seuls, d’y rester ou de remonter à la surface… », écrit l’auteur. Tous ceux qui aborderont le sujet avec lui l’inciteront à reconsidérer sa vision des choses, chaque personnage campant sur sa position sans daigner essayer de comprendre l’autre.
Amine n’arrive pas à saisir les motivations des kamikazes. D’autant que sa profession est de sauver des vies, et non de les prendre. Une école de pensée qui se heurte à l’incompréhension de ceux pour qui être un martyr est une fin en soi. Néanmoins, par sa manière de présenter les choses, l’auteur laisse le lecteur se faire sa propre opinion.
‘L’attentat’ explore la dérive d’une Palestinienne vers le
fondamentalisme. Thème qui a été et qui sera sûrement encore longtemps d’actualité. Yasmina Khadra dresse habilement le portrait d’une personne que rien ne prédestinait à devenir martyr. Évoquant au passage l’immense douleur que représente la perte de l’être aimé dans de telles circonstances.
Le « pourquoi de l’acte » est au coeur du récit. Avec une plume brillante et concise, l’auteur offre une narration haletante. Alliant le lyrisme, la métaphore et la poésie, il n’a aucun mal à nous arracher quelques larmes et à susciter la colère, l’incompréhension, le chagrin et la compassion, dans cette histoire poignante qui, au final, ressemble à un véritable cri du coeur contre le terrorisme. ‘L’attentat’ est disponible à la librairie Le Cygne en version Pocket.