À 11 ans, Rachel est la seule rescapée d’une tragédie familiale, dont le lecteur ne connaît d’ailleurs ni la nature ni la cause. La seul séquelle qu’elle en garde, c’est son oreille, abîmée depuis. Fille d’une mère danoise blanche et d’un père G.I. noir américain, elle est recueillie par sa grand-mère paternelle. Cette dernière vit dans une communauté noire ayant un certain mépris pour les Blancs. Au point que celle-ci ne veut pas entendre parler de la mère de Rachel. Quant à la jeune fille, elle tente, tant bien que mal, de devenir ce que sa grand-mère voudrait qu’elle soit, tout en réprimant ses sentiments. « C’est facile de sourire simplement pour que les gens se sentent mieux. Mais quand on fait semblant d’être heureux, ça sonne faux. Les gens normaux ne le voient peut-être pas, mais les gens qui comptent, eux, voient bien les limites, le bord du masque là où commence la vraie personnalité : la tristesse ou la colère. On ne devrait pas s’attacher à ce qui nous contraint à porter un masque ».
Jolie métisse à la peau claire et aux yeux bleus, elle n’arrive pas à s’intégrer dans son nouveau lycée, où ses camarades de classe estiment qu’elle a « des manières blanches ». Et de lancer : « Je suis clarifiée. C’est ce que prétendent les autres. Et je parle comme une blanche. Quand ils disent ça, de nouvelles idées me trottent dans la tête. J’apprends que les Noirs n’ont pas les yeux bleus. J’apprends que je suis Noire. J’ai les yeux bleus… ».
Rachel peine à construire son identité dans une société qui accorde trop d’importance à la couleur de peau. Elle qui n’avait jamais prêté attention à son appartenance se retrouve à se demander ce qu’elle est exactement. « Je ne veux pas être Blanche. Parfois, je veux redevenir ce que j’étais. Je veux n’être rien. »
Parallèlement, nous faisons la connaissance de Laronne et Brick. Ces deux personnages donneront des fragments d’informations qui permettront au lecteur d’élucider le mystère qui entoure le drame vécu par Rachel. Leur témoignage permettra-t-il à la jeune fille de se libérer du poids de son passé ? Réponse dans les librairies.
 
“Quand viennent les cyclones”, d’Anita Nair
Meera, 40 ans, écrit des livres de cuisine. Femme comblée, elle doit son statut social à son mariage réussi avec Giri. Ce dernier est un haut cadre dans un grand groupe multinational. Tout va donc pour le mieux pour Meera. D’ailleurs, elle ne manque pas de comparer son mariage à celui de Zeus et Héra. « Le vent était au seul pouvoir d’Héra, mais il fallait que Zeus lui sourie pour qu’elle puisse gonfler les voiles ou séparer la balle du grain. Sinon, à quoi lui aurait servi le vent ? Les épouses sont partout les mêmes. Quand Giri sourit, elle sourit. Une épouse amoureuse, Héra-Mîra », écrit l’auteure.
Son quotidien sera cependant bouleversé le jour où Giri la plaque au beau milieu d’un brunch branché. Mais où peut-il bien être ? « Mon Giri n’est pas Zeus. Il ne vagabonde pas avec des nymphettes, pas même avec des déesses. Il a la rage facile. Il a de l’ambition. Mais il est éminemment digne de confiance. » Dans ce cas, qu’est-ce qui a bien pu provoquer le départ de son mari ? Elle n’avait rien vu venir. Reviendra-t-il ?
Celle qui était avant tout l’épouse de Giri va alors devoir redevenir une femme autonome. Elle devra s’occuper toute seule de ses enfants, de sa mère, de sa grand-mère, et de la maison bleue, la ruine somptueuse où Giri et elle avaient vécu des jours heureux. Elle rencontrera toutefois le Pr J. A. Krishnamurthy, alias Jak, un climatologue expert en cyclone. Tout comme elle, il essaie de réunir les pièces du puzzle de sa vie. Chez lui se trouve sa fille Smirtri, 19 ans, tombée dans le coma après avoir été attaquée dans des circonstances assez sombres. Une muraille de silence et de peur entoure l’événement. Déterminé à élucider ce mystère, Jak retourne sur les lieux afin de lever le voile sur cette affaire. Toutefois, il ne trouve pas d’aide du côté de la police locale. Tandis que la rencontre de Meera et Jak atteint l’intensité d’un cyclone, ces deux êtres perdus, cassés par la vie, réalisent que leur destinée sont étroitement et étrangement liées…
À travers Quand viennent les cyclones, Anita Nair nous plonge dans des aléas psychologiques. Pour découvrir ce roman, rendez-vous dans les rayons de la libraire Le Cygne.