L’Alliance Lepep a promis hier qu’en cas de victoire aux prochaines élections législatives, les planteurs de cannes dont la production de sucre ne dépasse pas 60 tonnes seront exemptés du paiement de la prime d’assurance du Sugar Insurance Fund Board pendant cinq ans.
Animant une conférence de presse au siège du Sun Trust, à Port-Louis, Vishnu Lutchmeenaraidoo, ministre des Finances désigné de l’Alliance Lepep, a évoqué les problèmes financiers des petits planteurs de cannes, plus précisément ceux cultivant des plantations de moins de 25 arpents. Le nombre de ces planteurs ne cesse de diminuer, passant de 18 680 en 2011 à 16 412 en 2013. « Il est clair qu’il y a un problème à leur niveau, il faut trouver une forme de soulagement quand il y a baisse de revenus dans un secteur de production », a fait comprendre Vishnu Lutchmeenaraidoo, qui était entouré de quelques proches collaborateurs ayant planché sur le dossier des planteurs dont Maya Hanoomanjee et Jagdish Goburdhun.
Dans le passé, a-t-il indiqué, une forme de soutien a été apportée à la communauté des planteurs. La prime d’assurance qui représentait en 2011 environ 9 % des revenus (soit Rs 117,8 millions) de ces planteurs exploitant une superficie de moins de 25 arpents a été ramenée à 4,5 % en 2013 (Rs 55 millions). L’Alliance Lepep, dit-il, a analysé la situation et a décidé qu’une fois au pouvoir, elle exemptera les planteurs produisant moins de 60 tonnes de cannes du paiement de la prime d’assurance du SIFD. Le Shadow Finance Minister de l’Alliance Lepep laisse entendre que le SIFB dispose actuellement de réserves de l’ordre de Rs 5 milliards.
Dans un autre ordre d’idées, le porte-parole de la commission des Finances de L’Alliance Lepep a fait état d’une possible révision du prix que reçoivent les planteurs pour la bagasse entrant dans la production énergétique. Le prix, affirme Vishnu Lutchmeenaraidoo, est de Rs 7 la tonne alors qu’à La Réunion il est de Rs 520. Les producteurs d’énergie électrique à Maurice en tirent des revenus beaucoup plus importants, soutient l’ancien ministre des Finances. « Je suis pour la justice et l’égalité. Nous reprendrons ce dossier après les élections. Il y a nécessité d’augmenter le prix de la bagasse de façon conséquente », a-t-il ajouté.
Produits bio
Vishnu Lutchmeenaraidoo a parlé des perspectives existant dans la production d’aliments bio et a laissé entendre que l’Alliance Lepep encouragera les petits planteurs à s’y lancer avec pour objectif d’atteindre en cinq ans environ 50 % de la production locale d’aliments bio. Il ajoute que les jeunes s’intéressant à l’entrepreneuriat seront encouragés, dans le cadre d’un plan de soutien aux petites et moyennes entreprises, à créer des entreprises agro-industrielles et de production bio.
Par ailleurs, le ministre des Finances désigné de l’Alliance Lepep s’est attardé au début de sa conférence de presse sur le dossier Tianli-Jinfei, prévoyant la création d’une grande zone industrielle et d’une ville-satellite à Riche-Terre. Il considère que le « déracinement » de quelque 250 planteurs de cette région pour faire de la place à ce méga projet couvrant quelque 500 arpents est un « scandale des plus retentissants ». Pour lui, il y a « beaucoup de zone d’ombre » autour de ce projet, et il critique le refus du gouvernement de révéler la teneur de l’accord signé avec les promoteurs.
Vishnu Lutchmeenaraidoo se demande ce qui a pu motiver le gouvernement d’alors de faire partir 250 planteurs pour offrir un terrain de 500 arpents dont la valeur est estimée à environ Rs 5 milliards. Il s’est également interrogé sur le refus des autorités gouvernementales de rendre public l’accord avec les promoteurs de Jin-Fei. « On a invoqué pour raison que le gouvernement chinois s’est opposé à la publication de l’accord. Or, nous avons appris de l’ambassadeur de la République de Chine à Maurice que son pays n’avait rien à faire avec la décision des autorités mauriciennes de ne pas publier le document en question ».
L’Alliance Lepep a ainsi pris la décision de « rendre public l’accord secret entre le gouvernement mauricien et Tianli ». Elle rappelle que Rs 2 milliards ont déjà été investis dans la création d’infrastructures autour de ce projet qui, ajoute-t-elle, était censé créer quelque 30 000 emplois.