Raj Heeramun, enseignant et écrivain hindiphone, vient de lancer son neuvième recueil de poèmes intitulé « Kavitayein jo chap na sakee II » dans lequel il rend hommage à son épouse Namita Sati Savitree, disparue l’année dernière. L’auteur, qui se décrit comme un poète de la souffrance, exerce une influence de plus en plus décisive sur la littérature et la langue hindi à Maurice. Ses écrits sont révélateurs d’une certaine révolte par rapport à la société. D’un poème à l’autre, tous les styles se côtoient et Raj Heeramun exprime les blessures de l’existence. Sa plume alerte laisse entrevoir la souffrance, la séparation et la douleur.
« Kavitayein jo chap na sakee II » (les poèmes qui n’ont pu être publiés) comprend les lettres d’amour que Raj Heeramun avait adressées à son épouse dans les années 70 avant leur mariage. Ces lettres avaient été écrites entre l’âge de 17 et 22 ans. Jugeant ces lettres trop intimes, Raj avait promis à son épouse de les publier après son décès. Dans son livre, il s’engage à reconstituer ce souvenir idyllique à l’aide des mots pour l’éternité en rappelant les grands moments de bonheur avant son mariage. Il parvient à s’immiscer avec autant d’acuïté dans le fouillis intimes de sensations amoureuses.
A travers ses poèmes, Raj Heeramun se passionne pour les jeux du langage. Il conserve sa grâce de poète et son talent de critique littéraire acerbe. Il trempe sa plume dans le vitriol pour rendre compte de la souffrance humaine.
Raj Heeramun a transmis cet amour pour la littérature à ses deux filles, Neha et Nidhi. Dans « Patra Patrikaon Mein Raj », Neha a compilé les articles de presse sur les travaux de son père.
L’ancien rédacteur en chef du journal en langue hindi Swadesh, a dans ses précédant ouvrages — « Chap Kar Rahin Kavitayein », « Chubhté Phool » (Les fleurs aux épines), exprimé sa révolte.
Dans son quatrième recueil de poèmes « Hansté Kanté », il évoque la douleur humaine. En 2006, il a publié « Ujale Ka Andhera » (L’obscurité de la lumière) et « A Man of Vision », un hommage à son ami feu Dhundev Bauhadoor. En 2008, il sort son septième recueil de poèmes intitulé « Ek Zamin Aasmaan » et « Seva Ashrar », un ouvrage sur les hospices. L’auteur de Péreybère devait aussi à travers cet ouvrage rendre hommage à son gourou, le swami Krishnanand.