Le National Parks and Conservation Service (NPCS) sous l’égide du ministère de l’Agro-industrie lance bientôt une campagne en vue d’éliminer plus de 40 % des corbeaux à Maurice. Selon le ministère, la population actuelle est estimée à 4 000.
Les techniciens du NPCS se sont engagés dans des exercices de pré-appâtage dans différentes régions de l’île depuis octobre 2009 et un recensement effectué par le département en début d’année indique une population de 4 000 corbeaux. Selon le ministère, il est convenu d’en réduire le nombre notamment en tuant en masse les femelles avant la période de reproduction qui s’étend d’octobre à décembre. Les femelles ainsi éliminées réduisent subséquemment le nombre d’oeufs à éclore à la nouvelle saison.
Le ministère indique que ceci se fait par « un avicide : le RDC 1339, imprégné dans des cubes de viande maigre ». « Il faut préciser que le produit chimique RDC 1339 n’est pas nocif à l’environnement, car il est entièrement dégradé après 24 heures », précise le service de presse du ministère de l’Agro-industrie.
Les régions qui seront touchées par la campagne 2012 sont Port-Louis, Baie-du-Tombeau, Les Salines, Pointe-aux-Sables, Beau-Bassin, Albion, Wolmar et Curepipe. Après l’empoisonnement en masse de l’espèce, les techniciens du NPCS devraient assurer un suivi sur le nombre de tués. « Les corbeaux morts seront recueillis et expédiés à la Division des Services des Vétérinaires du ministère à des fins d’examens post-mortem afin d’évaluer leur potentiel par rapport aux vecteurs de maladies et leur disposition éventuelle », fait ressortir le ministère.
L’Agro-industrie observe que « si la population de corbeaux n’est pas contrôlée, sa prolifération constitue une nuisance pour le public ». De plus, le risque de propagation de maladies est plus élevé « d’autant plus que les corbeaux sont des vecteurs potentiels de grippe aviaire et de salmonelle ». Outre ces risques sanitaires, la population incontrôlée de corbeaux est susceptible de porter atteinte à la survie des espèces d’oiseaux indigènes et de la volaille, soutient le ministère de l’Agro-industrie. Il rappelle que la première campagne nationale pour le contrôle de cet oiseau a eu lieu en 2003 et que l’augmentation de sa population est attribuée aux conditions climatiques favorables, soit l’absence de cyclones ou autres calamités naturelles.
Le NPCS dispose d’une dotation budgétaire de Rs 1,2 million pour le contrôle des corbeaux et pour une étude sur le nombre de chauves-souris frugivores mauriciennes. Cette espèce protégée s’est avérée nuisible pour la production locale de fruits ces dernières années car le NPCS a observé sa prolifération durant les deux dernières décennies. Dans ce contexte, deux experts au contrôle de chauves-souris de l’International Union of Conservation of Nature (IUCN), le professeur Paul A. Racey et Michael Anthony Hutson, seront à Maurice ce mois-ci pour cette évaluation. Ils feront ensuite des recommandations par rapport à la révision du statut d’espèce protégée de la chauve-souris.