Chargé de cours à la faculté des sciences de l’Université de Maurice depuis 1996, le Pr Theeshan Bahorun a été fraîchement nommé comme l’un des responsables du National Research Chair dans le domaine de biochimie appliquée. Il revient d’une conférence de l’Université de Californie aux États-Unis qui a réuni les plus grands chercheurs américains et où il était le « guest speaker ». Dans un entretien au Mauricien, le scientifique très connu pour ses recherches sur les effets curatifs de thé vert et la papaye fermentée sur les diabétiques nous parle de l’importance du National Research Chair.
« La recherche a toujours été le parent pauvre et la création d’un National Research Chair est une bénédiction… Elle va nous permettre de réorganiser la recherche à travers différentes thématiques et surtout la formation de nos futurs chercheurs », souligne le Pr Theeshan Bahorun. Des projets, il en a plein pour le National Research Chair. « Nous attendons que tout soit finalisé pour nous lancer dans cette nouvelle aventure qui va révolutionner  la recherche », souligne le docteur en biochimie appliquée.
Le Pr Bahorun a exprimé le souhait de voir le National Research Chair intégrer l’Université de Maurice, ce qui permettra de donner plus de visibilité aux travaux effectués à l’UoM par les chercheurs et les étudiants, estime-t-il. « La majorité des recherches à Maurice se font d’ailleurs au niveau de l’université », précise le chercheur.
Au cours de cette conférence à l’Université de Californie aux États-Unis, indique le Pr Bahorun, les chercheurs ont abordé les nouveaux types de neutraceutical pour combattre les clinical diseases. Une fois que le National Research Chair aura démarré, le scientifique envisagera de lancer des recherches sur le champignon sauvage qui, dit-il, a plusieurs composés anti-inflammatoire et anticancéreux. « Il existe tant de champignons sauvages dans nos bois mais jusqu’ici rien n’a été fait. »
Le Pr Bahorun est convaincu que le National Research Chair fera un énorme travail dans la canalisation de la recherche. « Cela va nous permettre de superviser les étudiants, de rechercher la collaboration extérieure pour le financement et de développer les infrastructures. C’est une chaîne qui ne peut être brisée. C’est la recherche qui va être la grande gagnante », soutient le scientifique.
Le docteur en biochimie appliquée a récemment participé à une édition spéciale de la revue Pharmacogenomics and Pharmacogenetics : Future of Biomarkers in Personalized Medicine. Son article traitait des effets de la toxicité des médicaments. Figure très connue dans le domaine de la recherche à Maurice pour ses nombreuses découvertes des vertus de thé vert, le Pr Bahorun a mené  une étude visant à tester l’efficacité de la papaye fermentée sur les diabétiques en collaboration avec le Mauritius Research Council. « Nous avons terminé avec les axes de recherches et nous compilons actuellement les résultats. Nous avons enregistré un taux de participation de 85 % et je peux dire qu’ils sont très positifs. »
Le Pr Bahorun indique que deux de ses étudiants étaient à La Réunion pour une formation de six mois dans le cadre de l’étude sur l’efficacité de la papaye fermentée sur les diabétiques. Le scientifique a par ailleurs été le premier Mauricien à recevoir le CV Raman International Fellowship Award. Une distinction du gouvernement indien offrant l’opportunité aux meilleurs chercheurs des pays africains d’effectuer des recherches dans la Grande péninsule avec la collaboration des meilleures universités engagées dans le domaine.
Le docteur en biochimie appliquée se rend à l’université de Rajasthan à Jaipur en octobre pour un échange entre les chercheurs indiens et l’UoM sur le cancer-chimo prevention. Le Pr Bahorun est le président de la Society for Free Radicals Africa (SFRA), un organisme regroupant des chercheurs africains. Il s’envole pour East London lundi dans le cadre d’une conférence de la SFRA.
Les deux autres responsables du National Research Chair qui ont été nommés – les professeurs Dhanjay Jhurry et Romeela Mohee – sont eux aussi chercheurs à l’UoM.