Lancé en juillet de l’année dernière par le ministère de la Sécurité sociale, le Health Insurance Scheme lié à la contribution versée au NSF n’a guère suscité l’enthousiasme des Mauriciens. À ce jour, seuls trente-huit salariés ont pris avantage de cette option. « Cela n’a pas marché », confirment des officiers de la Sécu. Il est possible que le ministère des Finances, qui en a demandé un bilan au bout de cette première année, abandonne l’idée. À moins qu’on ne trouve une nouvelle formule de contribution.
Ce Health Insurance Scheme est passé complètement inaperçu. Hormis la conférence de presse tenue par la ministre de la Sécurité sociale pour son lancement, il y a eu très peu de communication autour de ce projet. « C’est aux assureurs choisis pour participer à ce plan d’assurance de faire leur campagne publicitaire », disent les officiers de la Sécu.
Ce plan assurance-maladie proposé par l’État est destiné à tous les travailleurs contribuant au National Savings Fund. Pour pouvoir en bénéficier, l’employé devrait avoir cotisé au NSF durant les six derniers mois et avoir une police d’assurance chez un fournisseur reconnu par la Financial Services Commission.
C’est le mécanisme de financement qui fait tiquer les travailleurs même s’ils ne débourseront pas personnellement pour payer la prime d’assurance. Selon la formule trouvée par le gouvernement, sa contribution proviendra de la cotisation mensuelle de son employeur qui est versée à son compte au National Saving Fund. Pour rappel, ce fonds national en vigueur depuis 1995 après l’adoption au Parlement de la National Savings Fund Act permet aux salariés d’avoir un lump sum à l’âge de la retraite et la contribution mensuelle est comme suit : 2,5 % des salaires de l’employé payé par l’employeur et 1 % par l’employé. En cas de décès ce sont les héritiers de l’employé qui bénéficient de cet argent.
Dans les milieux de la Sécu, on avance deux raisons pour expliquer ce désintérêt général. D’abord, les Mauriciens craignent un démantèlement graduel du service de santé gratuit et la privatisation de certains soins qui coûtent chers à l’État. Ensuite, les travailleurs préfèrent être en sécurité en ce qu’il s’agit des besoins financiers quand ils atteindront l’âge de la retraite. Il est bon de savoir que le bénéficiaire du lump sum payé par le NSF perçoit aussi des intérêts sur la somme accumulée jusque-là. À titre d’exemple, une personne qui a contribué jusqu’à l’heure à hauteur de Rs 100 000 peut en obtenir le double à l’âge de la retraite. Une somme qui est loin d’être négligeable pour un salarié à faibles revenus. Mais l’employé qui opte pour cette assurance-maladie n’alimentera plus son compte au NSF.
« Tout le monde est d’accord que la contribution mensuelle à ce fonds est une sécurité pour le travailleur. Je pense que c’est aussi pour cette raison que les entreprises qui n’ont pas de plan d’assurance-maladie pour leurs employés n’ont pas beaucoup encouragé ces derniers à souscrire à ce Health Insurance Scheme », commente un officier de la Sécu.
Selon nos renseignements, le ministère des Finances s’est enquis récemment auprès du ministère de la Sécurité sociale, dans le cadre de la préparation du prochain budget, des retombées de ce plan assurance-maladie. « Le ministère des Finances est au courant que cela n’a pas marché. Il est fort possible qu’on renonce à ce plan d’assurance d’autant que cela engendre des administrative costs. Ils prendront une décision à ce sujet dans le prochain budget », dit un cadre de la Sécu.