L’histoire de la National Transport Corporation (NTC) s’est construite sur fond de tragédie humaine et de défis. Vers la fin des années 70, l’industrie du transport est en pleine évolution. Par l’action de mouvements syndicaux, des remises en questions sur les conditions de travail s’opèrent dans ce secteur. Après une grève au sein de la Vacoas Transport, cette compagnie ferme ses portes. Ses actifs seront repris par la NTC.

Afin d’exploiter les services du transport en commun à Maurice, la National Transport Corporation Act a été votée au Parlement le 25 juillet 1979 et les opérations ont débuté symboliquement le 12 mars 1980. Dans le même temps, les actifs d’autres sociétés comme Savanne Bus Transport (opérant dans le sud) et Pillay Express sont également récupérés. Devenant un acteur majeur du transport public à Maurice, la NTC procédera à l’achat de ses propres autobus dans les années 80. Selon Sunil Gopal, Communications and Public Relations Officer à la NTC, “la compagnie a contribué au développement socio-économique du pays, car le transport public est un outil indispensable”.

Chaque jour, les autobus de la NTC transportent environ 150,000 passagers et couvrent une moyenne de 86,000 km. La compagnie compte une flotte de 584 bus (incluant 148 semi-low floor buses). Elle opère sur 95 routes et effectue une moyenne de 3,500 sorties par jour. Elle dessert également des routes non profitables. Elle joue un rôle majeur dans le ramassage scolaire, avec pas moins de 337 sorties par jour. La NTC, dont le siège social est situé à Ébène, possède cinq dépôts, à Rémi Ollier (Vacoas), Rivière du Rempart, La Tour Koenig, Forest-Side et Souillac. Elle emploie au total 2,300 personnes.

Remises en question.

Le vendredi 3 mai 2013 a été un jour sombre et tragique dans l’histoire de la NTC. Un autobus Blue Line est impliqué dans un violent accident à la hauteur de Sorèze, faisant une quarantaine de blessés et dix morts. “Cet accident marque un tournant dans l’histoire de la NTC. Par la suite, il y a eu de nombreuses remises en question de la direction et des revendications de la part des employés.”

Avec un nouveau conseil d’administration en 2015, une réorganisation profonde s’opère au sein de l’organisation. “La priorité été la modernisation de la flotte de la NTC.” L’achat d’autobus semi-low floor en provenance de la Chine en 2016 a largement contribué à offrir un meilleur service, tant au niveau de la sécurité qu’en termes d’innovation et de modernité. Par ailleurs, afin de renforcer les compétences et d’accroître la productivité tout en réduisant les coûts opérationnels, des formations continues sont dispensées aux chauffeurs et aux contrôleurs. Un rebranding du logo de la compagnie a eu lieu en 2017.

Alors que la NTC s’apprête à fêter ses 40 ans d’existence en 2020, elle devra faire face à de nombreux défis, surtout avec le Metro Express qui débarque dans le paysage routier. La NTC et d’autres opérateurs doivent se réinventer pour être en mesure de s’adapter à ce nouveau mode de transport.