Le nombre de plaintes des Mauriciens contre les nuisances environnementales a augmenté de 11,6% entre 2015 et 2016, passant de 628 à 701. C’est ce qu’indique le rapport “Environment Statistics 2016” compilé par Statistics Mauritius et rendu public hier. Ce document, qui fait partie des Economic and Social Indicators, décline les changements relatifs, d’une année à une autre, dans les principaux indicateurs environnementaux.
Selon Statistics Mauritius, le nombre de plaintes reçues par la Pollution Prevention and Control Division du ministère de la Sécurité sociale, de la Solidarité nationale, de l’Environnement et du Développement durable (Environment and Sustainable Development Division) a augmenté de 11,6% entre 2015 et 2016, passant de 628 à 701. Ces plaintes sont relatives à la pollution sonore (14%), la pollution de l’air (13%), l’odeur (11%), les eaux usées (9%), les déchets (7%) et autres (46%). Cette dernière catégorie comprend les remblayages illégaux, l’érosion, les constructions illégales, les objections aux projets, l’ordre et la sécurité, la conversion des terres, la récupération des terres et les glissements de terrains, entre autres.
Outre les plaintes, ces statistiques sur l’environnement déclinent également des changements chiffrés dans les émissions de gaz  à effet de serre (dans la production d’électricité, l’industrie du transport, l’industrie), la gestion des déchets, l’utilisation des terres (forêts et agricultures), nos ressources en eaux, la température, la pluviométrie ainsi que l’émission des Environment Impact Assessments (EIA) et des Preliminary Environmental Report (PER) Approvals. Les gaz à effet de serre (GES) participent à l’effet de serre. L’augmentation de leur concentration dans l’atmosphère terrestre est à l’origine du réchauffement climatique.
En matières d’émissions de GES, les statistiques indiquent qu’elles ont augmenté de 2015 à 2016 de 1%. Les émissions brutes sont passées de 5 371 à 5 319 mille tonnes d’équivalent CO2. Les émissions nettes, après absorption par les forêts et les bonnes pratiques agraires, ont augmenté de 4 950 à 5 005 mille tonnes d’équivalent CO2.
En 2016, ajoute le document, le secteur de l’énergie a compté la plus grande part des émissions de GES (76%), suivi par le secteur des déchets (20%). En ce qui concerne la gestion des déchets justement, le centre d’enfouissement technique de Mare-Chicose a reçu en 2016 444 695 tonnes d’ordures, soit 0,8% de moins qu’en 2015 (448 476 tonnes).
Concernant l’utilisation des terres, Statistics Mauritius révèle que la superficie sous culture de canne a diminué de 1,7%, de 52 387 hectares en 2015 à 51 477 hectares en 2016. Durant la même période, les terres sous culture de thé ont augmenté de 8,4%, passant de 574 à 622 hectares.
Selon le document, durant la période 1995-2005, les terres sous cannes, de thé et de forêts ont diminué, tandis que la superficie des agglomérations (« built-up areas ») et celles sous d’autres activités agricoles, infrastructures et ressources en eaux intérieures notamment, ont augmenté.
Statistics Mauritius s’alarme en outre que l’utilisation de fertilisants chimiques et autres produits agrochimiques peut contribuer à polluer l’environnement à travers la percolation des nitrates dans l’eau souterraine. Elle indique qu’entre 2015 et 2016, l’importation de fertilisants a augmenté de 44,7% (de 32 861 à 47 542 tonnes) et celle de pesticides a connu une hausse de 0,2% (de 2 567 à 2 573 tonnes).
En ce qu’il s’agit de nos ressources en eaux, Maurice a reçu 3 536 millions mètres cubes de pluviométries en 2016, soit 20,2% de moins comparé aux 4 433 millions mètres cubes de 2015. Statistics Mauritius estime à 961 millions mètres cubes l’utilisation totale d’eau à Maurice. Le secteur agricole en consomme 37% (351 millions mètres cubes), les centrales hydroélectriques 35% (341 millions mètres cubes), tandis que le reste, soit 28% (269 millions mètres cubes) d’eau sont utilisées pour les besoins domestiques, par l’industrie et le secteur touristique.
Analysant le bilan hydrologique (« Water Balance »), le document révèle que Maurice a reçu 3 536 millions mètres cubes d’eau des précipitations (pluies), soit  20,2% moins comparé aux 4 433 millions mètres cubes de 2015. Seulement 10% (353 millions mètres cubes) de cette eau ont rechargé les nappes phréatiques, tandis que l’évapotranspiration et les eaux de ruissellement ont compté pour 30% (1 061 millions mètres cubes) et 60% (2 122 millions mètres cubes) respectivement. L’évapotranspiration est la perte d’eau sous forme de vapeur.
Statistics Mauritius note par ailleurs que la température la plus haute (35,6°C) a été enregistrée le 11 janvier 2016 au Champ de Mars à Port-Louis. La température la plus basse (10,3°C) a, elle, été enregistrée le 15 septembre 2016 à Bois-Chéri.
En 2016, 23 licences EIA ont été octroyées, dont neuf pour les morcellements, une pour un hôtel sur la côte et les travaux relatifs et une pour un concasseur. Durant la même période, 20 PER Approvals ont été émis, dont sept pour des poulaillers et trois pour des projets industriels. Rappelons que ces Environment Statistics 2016 font partie des Economic and Social Indicators publiés régulièrement par Statistics Mauritius.