Profitant de la Journée mondiale de l’Infirmière, célébrée hier, le 12 mai, le président de la Ministry of Health Employees Union (MOHEU), Amaljeet Seetohul, a plaidé pour que la formation des aides-soignants soit étendue à deux ans au lieu de six mois. Ce qui, parallèlement, permettra de résoudre le problème de personnel et de dépenses en overtime.
Amaljeet Seetohul a fait ressortir que si l’on connaît bien les infirmiers pour les soins prodigués aux patients, les aides-soignants, eux, sont bien moins reconnus. Pourtant, « ils travaillent de pair avec les infirmiers ». « Ce sont eux qui donnent aux patients leur bain, leurs médicaments et qui leur apportent du soutien psychologique. C’est ce qui aide le patient à récupérer. Si les infirmiers ont aussi cette formation, ils ont des tâches plus spécifiques et se retrouvent près des médecins. Leur tâche n’est donc pas négligeable ». Toutefois, regrette le président de la MOHEU, « il existe une discrimination à leur égard. Alors qu’un diploma course pour les infirmiers au lieu d’un simple certificate course a été approuvé par le ministère l’an dernier, la formation à l’intention des aides-soignants est toujours de six mois, comme cela a été le cas depuis quinze ans. Cette formation est dépassée ». Il rappelle qu’en 2013, la MOHEU a fait une requête auprès du ministère pour que le niveau de formation des aides-soignants soit revu. « Nous avons proposé un cours de deux ans, soit le Licence Practice Nurse qui renforcerait leurs compétences mais notre demande n’a pas été entendue par le ministère », regrette-t-il. « On parle de dépenses de Rs 2 milliards sur les overtime. Nous avons expliqué au ministre la solution : à travers la formation des aides-soignants, ceux-ci pourront effectuer les tâches des infirmiers et ainsi renforcer le nombre du personnel infirmier et réduire les overtime ».
Dans un autre volet de sa conférence de presse, la MOHEU a abordé les risques auxquels est confronté le personnel du milieu hospitalier face aux « occurrences plus fréquentes de pandémies telles l’ébola, la dengue etc. ». Elle demande l’introduction d’une risk allowance pour tout le personnel hospitalier, qui est par ailleurs « exposé aux violences de la part des patients et de leurs proches ».
Commentant la visite surprise du ministre de la Santé, Anil Gayan, lundi, à l’hôpital de Moka, la MOHEU en a profité pour rappeler que « le bâtiment date de plus de cent ans et n’est pas conforme aux normes sécuritaires et sanitaires. Il est important que le ministère prenne des actions en vue de sécuriser le personnel et les patients. L’espace est restreint et bondé, le bâtiment en décrépitude. Avant de visiter l’hôpital, il aurait pu nous contacter car nous, les syndicalistes, nous sommes au courant de tout le problème. Or, il n’a constaté qu’une partie du problème ». Le président du syndicat déplore l’absence de négociations avec le ministre. « Nous avons demandé à le rencontrer mais nous n’avons obtenu aucune réponse ».
Amaljeet Seetohul a auparavant rappelé que la Journée mondiale de l’Infirmière a été décrétée en 1965 et depuis, chaque 12 mai, jour anniversaire de la naissance de Florence Nightingale, infirmière britannique pionnière des soins infirmiers modernes, on célèbre la vocation des infirmiers.