« Nous avons fait part de nos doléances au ministère, mais nous n’avons reçu aucune réponse. » C’est ce qu’a déploré la Nurses Union ce matin lors d’une rencontre avec la presse. Au nombre des doléances, les membres dénoncent la « pression exercée sur les infirmiers, à l’hôpital Jeetoo, pour faire une entrée dans le registre de la morgue alors que des cadavres n’y ont jamais été ». Le président, Nasser Essa, dénonce le caractère « illégal » de ce geste coercitif et demande au ministère d’« assumer ses responsabilités ». La Nurses Union a par ailleurs évoqué d’autres problèmes, notamment la non-rémunération pour travail de suppléance, le manque d’espace dans les hôpitaux et l’absence d’exercice de promotion depuis trois ans.
« Dernièrement, il y a eu une polémique autour de cadavres dans un ashram. À l’hôpital Jeetoo, les infirmiers sont appelés à faire un travail illégal. Normalement, lorsqu’un patient décède, sa dépouille est conservée dans une salle pendant deux heures, le temps que ses proches viennent la récupérer. Ceux-ci doivent faire une entrée dans un registre. Lorsque la dépouille quitte l’hôpital, elle n’est pas allée à la morgue. Or, les infirmiers sont appelés à faire une entrée dans le registre de la morgue pour attester que le cadavre y est entré. C’est  illégal ! » proteste Nasser Essa, qui ajoute que si d’aventure un problème surgissait, ce serait les infirmiers en question qui auraient à porter le chapeau. « Nous en faisons part au ministère et nous l’invitons à assumer ses responsabilités, car à l’hôpital, pour sauver leur peau, ils entraînent les infirmiers dans une situation à risques. »
Autre problème soulevé par la Nurses Union : de nombreux postes de Charge Nurses et de Ward Managers, demeurés vacants depuis trois ans alors que ceux assurant la suppléance ne sont pas rémunérés comme ils devraient l’être. « Selon le rapport Errors and Ommissions 2013 du PRB, les infirmiers pratiquant des ECG devraient être rémunérés, mais tel n’est pas le cas. Si cela continue, nous demanderons aux infirmiers de cesser de s’adonner à cet exercice », estime le président du syndicat.
Par ailleurs, selon M. Nessa, alors que l’hôpital Jeetoo est maintenant doté d’un bâtiment neuf, « le nombre de Medical Ward a diminué, comptant seulement 46 salles, alors que l’ancien en comptait… 70. Tous les coins et recoins sont utilisés pour aménager des lits. Les espaces bureaux sont évacués pour y recevoir des lits. »
S’agissant du Samu, selon la Nurses Union, les véhicules servant d’ambulances sont « dépourvus de ceintures de sécurité à l’arrière », et ce alors qu’ils doivent rouler à grande vitesse. « Tout est usé à l’intérieur. Et le médecin, au lieu d’être avec le patient à l’arrière, s’installe devant, à côté du chauffeur, où il dispose d’une ceinture de sécurité. Cela ne motive pas les infirmiers. » Les membres demandent donc au ministère de prévoir une “risk allowance” pour les infirmiers.
Dans le cadre de la Journée mondiale des Infirmiers, observée le 12 mai, la Nurses Union rappelle que ceux-ci constituent « une force très importante dans le domaine de la santé ». Comme chaque année, une visite dans un couvent sera effectuée le 11 mai par les membres.