L’enquête du Fact Finding Committee sur le décès du bébé Crouche, le 26 février, a conclu qu’il y avait eu négligence médicale de la part du personnel de l’hôpital Victoria. La Nursing Association (NA), qui a rencontré la presse ce vendredi dans le cadre de la Journée internationale des infirmiers, est revenue sur cette affaire.

Le président de l’association, Ram Nowzadick, a affirmé que son association a également fait une enquête sur cette affaire. Avec toujours la même question : « est-ce une faute médicale ou une négligence, qui est vraiment à blâmer ? »

« Une vie de moins, une erreur de trop ne peut être tolérée. Nous devons trouver la faute si elle se trouve dans le système et la corriger », soutient Ram Nowzadick. L’enquête de la Nursing Association aurait établi certains faits. Le jour de l’accident, selon les membres de l’association, il n’y avait aucun ward manager mais uniquement trois membres du personnel : une charge nurse, un nursing officer midwife et une midwife (sage-femme). « Ce n’était donc pas un safe staffing. Je pense que cette sage-femme a agi avec sa conscience professionnelle, qui l’a guidée », estime le président de l’association.

Lors de l’incident, Alexander Crouchem, âgé de six mois, aurait dû recevoir une injection de benzylpénicilline, mais c’est de la benzathine qui lui a été administrée. La Nursing Association a expliqué que les deux antibiotiques se ressemblent beaucoup. « Étant donné que les deux antibiotiques se ressemblent, le centre d’approvisionnement a également un rôle à jouer dans cette affaire. En règle générale, le centre d’approvisionnement inclus des étiquettes sur les médicaments afin de bien les identifier parce que dans le rush du travail, nous devons être en mesure d’identifier un médicament facilement par sa couleur ou le type d’ampoule. Il faut ainsi revoir le système de travail que ce soit avec le centre d’approvisionnement et l’administration de l’hôpital », affirme-t-il.

En ce qui concerne l’école de nurse à Maurice, Ram Nowzadick estime que l’institution a arrêté de jouer son rôle. « Toutes les formations sont retardées. Certaines personnes n’ont pas eu de formations de qualité. Certains occupent des postes de responsabilité sans même avoir pris de cours. Il faut ainsi donner une bonne formation aux senior nurses afin qu’ils puissent prendre l’administration en main. »

Selon les explications de la nursing association, il y a deux types de sages-femmes. Celles qui suivent une formation de deux ans comme midwife et les autres qui font trois ans d’études en Certificate et Diploma in Nursing. Le président de la Nursing Association a d’ailleurs confirmé que la sage-femme était bien autorisée à faire des injections. « Dans le scheme of service du midwife, il est mentionné que les sages-femmes sont autorisées à faire des injections mais il n’est pas mentionné quel type d’injection. Il y a aussi plusieurs types d’injection qui nécessitent plus de formation. Dans le cas de l’accident, elle était bien formée à faire des injections. »

Le président de la Nursing Association propose de constituer un « comité d’urgence » avec le rapport du Fact Finding Committe afin d’avoir un feedback et ainsi savoir quoi corriger pour améliorer le système.