La sérigraphie est une technique d’impression aux applications multiples. Un groupe de femmes ont d’ailleurs bien cerné le potentiel de cette technique, qui leur permet, du coup, d’augmenter la rentabilité de leurs vêtements, sacs, literie, objets décorés… Ces dernières ont suivi un cours de 6 mois en sérigraphie, dispensé par le National Women Entrepreneur Council, instance qui tombe sous la tutelle du ministère de l’Égalité des genres.
La sérigraphie est une technique d’imprimerie qui utilise des pochoirs (à l’origine, des écrans de soie) interposés entre l’encre et le support. Les supports utilisés peuvent être variés : papier, carton, textile, métal, verre, bois, entre autres. Utilisée dès l’antiquité par les Japonais pour imprimer les blasons sur les kimonos, elle a été récupérée par l’industrie pétrochimique et mis en avant dans l’art par le mouvement “PopArt” dans les années 60. Les réalisations et motifs sérigraphiques sont ainsi présents partout autour de nous : panneaux signalétiques, autocollants, CD, vêtements, matériel industriel… D’où l’importance croissante de maîtriser la technique. Dans cette optique, un groupe d’une vingtaine de femmes, pour la plupart sans-emploi, ont achevé avec succès une formation en sérigraphie, et ce à l’initiative du National Women Entrepreneur Council (NWEC), qui oeuvre pour la promotion de l’entrepreneuriat chez les femmes. Et c’est avec fierté que ce groupe de femmes ont présenté leurs différents travaux lors d’une cérémonie de remise de certificats, qui s’est tenue récemment. Ces femmes maîtrisent désormais toutes les étapes de l’impression en sérigraphie. « La sérigraphie m’était totalement étrangère au départ. Au bout de 6 mois, je me suis familiarisée avec cette technique. À chaque fois, on contemple un t-shirt sans prendre conscience des techniques qu’il faut maîtriser pour produire un motif et un tel résultat », explique ainsi Catharina Beniffe (30 ans), une des bénéficiaires de la formation. Cette dernière, sans emploi, envisage prochainement de se lancer dans un business de sacs.
C’est Marie Sylvie Paul, qui compte 18 ans d’expérience dans le domaine, qui s’est chargée de la formation. Expliquant en détails les différents procédés de la sérigraphie – comme la séparation des couleurs –, elle souligne que l’étape la plus importante demeure le tirage. « C’est cela qui donnera une bon résultat, une bonne impression », dit-elle. En tant qu’entrepreneur, elle a tenu à partager son savoir-faire avec ce groupe de femmes. « La sérigraphie
est une technique qui requiert beaucoup de patience. Nous avons de plus développé une certaine amitié au fil des mois. La sérigraphie demande aussi une certaine discipline, et je suis satisfaite que les bénéficiaires aient été régulières et persévérantes », dit notre interlocutrice. Elle encourage d’ailleurs les femmes à suivre cette formation : « La sérigraphie, c’est une valeur ajoutée aux produits. Les dessins et motifs viennent embellir les produits et rehausse ainsi leur seuil de rentabilité. Si on envisage de vendre un sac à Rs 200, avec un motif imprimé, on peut le vendre plus cher », termine Marie Sylvie Paul.