Le 29 août dernier, 50 nouveaux jeunes ont reçu leur certificat et insigne pour avoir complété le Gold Award du National Youth Achievement Award (NYAA), lors d’une cérémonie organisée à la State House, à Réduit. Des jeunes que Le Mauricien a interrogés reconnaissent tous que le programme a servi à les responsabiliser, connaître et surpasser leurs capacités, et développer l’esprit d’équipe, le tout dans la détente et le respect de l’autre.
« C’était extra ! » lance d’emblée Mehreen Rughony, 24 ans, lorsqu’on lui demande de parler de son expérience. C’est en 2012 qu’une de ses amies lui parle du programme et Mehreen, travailleuse sociale, se renseigne auprès du ministère de la Jeunesse et des Sports. Commence alors une nouvelle découverte de soi. « Comme je faisais déjà du social, ce n’était pas un problème pour le service communautaire. En ce qui concerne les activités récréatives, comme je suis paresseuse, je ne faisais rien. J’ai été bien obligée d’en trouver une et je suis tombée amoureuse du badminton. Aujourd’hui encore, même si j’ai complété le Gold Award, je continue à jouer ». Notre interlocutrice note qu’au-delà du travail avec des personnes dans le besoin, avec ses amis de l’association Rays of Hope, au sein de laquelle elle est secrétaire, ils ont participé à la plantation de mangroves sous le Roches Noires Ecomarine Project. Mehreen Rughony s’est lancée dans la cuisine pour la section “Développement des aptitudes”. Aujourd’hui, c’est une activité qui lui sert pour soutenir des personnes sans domicile fixe de la capitale. « Toutes les semaines, nous offrons un repas à ces personnes. »
Notre interlocutrice se souvient de l’expédition entreprise avec d’autres jeunes en hiver 2014. « Nous avons passé une nuit à Pétrin alors qu’il faisait très froid. Imaginez des Port-louisiens dans la forêt de Pétrin. On ne savait pas quoi faire, on se partageait les couvertures. Malgré tout, c’était une expérience formidable », dit-elle, ajoutant que cela lui a permis de côtoyer des jeunes venus d’autres endroits de Maurice. « Cette expérience nous permet de devenir indépendants en nous obligeant à chercher des solutions pour sortir de ces moments difficiles. »
Joshan Rughooputh, 22 ans, qui s’est engagée à encadrer les jeunes préparant leur expédition pour le niveau or souligne pour sa part que cela l’a aidé à devenir plus responsable « en apprenant à vivre avec les moyens du bord ». Idem pour Deepthibye Balloo, 19 ans, qui vient de terminer son HSC au collège Queen Elizabeth. Ayant intégré directement le niveau or, la jeune femme a participé à une formation faisant d’elle une Award Leader, qui lui permet d’encadrer les plus jeunes dans leurs expéditions. « Le NYAA est un programme très intéressant que j’ai commencé en 2012 et complété en deux ans. Cela m’a permis de me déstresser, de développer mes qualités et de mieux me connaître. »
Nadeem Jaufrally, 24 ans, également président de Rays of Hope, a commencé le programme en 2008 avec le niveau bronze. Après une brève pause en Upper VI, il l’a repris pour terminer son niveau or l’année dernière. Nadeem Jaufrally est de ceux pour qui le NYAA a ouvert une porte pour sa carrière. Ancien volontaire chez SOS Pauvreté, engagé dans l’accompagnement scolaire des enfants, il est aujourd’hui responsable de projet au sein de cette association. Il poursuit aussi des études de gestion à l’Université de technologie. Notre interlocuteur met l’accent sur le développement de l’esprit d’équipe. Pour Mayilen Chetty, 20 ans, étudiant à l’université de Maurice, le NYAA lui a surtout permis de vaincre sa timidité. « Je ne pouvais pas parler devant un public tellement j’étais timide. Mais aujourd’hui, je peux. » Il a commencé le programme à l’âge de 14 ans, fait de la pâtisserie et du bodybuilding. Pour terminer son parcours menant au Gold Award, il a fait une expédition à Anse-la-Raie, dans un groupe mixte composé de Dubaïotes et de Mauriciens.
Toutes ces expériences ont abouti à la mise en place d’une association regroupant les détenteurs du Gold Award. « Nous avons créé un club en février de cette année, et nous encourageons les jeunes à se lancer dans le programme. Nous les prenons en charge et je trouve qu’ils font un travail extraordinaire », conclut Mehreen Rughony.