Jean-Claude Sauzier, “Nano” pour les intimes, s’en est allé à l’âge de 79 ans. Celui qui, pour une génération entière, incarnait avec une poignée de sportifs de renom les années glorieuses du sport mauricien dans les années 1950-70, le football en particulier, nous a quittés sur la pointe des pieds.
Élu à l’unanimité par les observateurs avertis du sport quand il a fallu choisir le “Sportif mauricien du XXe siècle”, Jean-Claude Sauzier était à son époque un phénomène, une légende vivante ou presque quand il lui fut attribué ce titre hautement symbolique dans la sphère sportive locale lors des National Sports Awards en décembre 1999. « Ce sont ma polyvalence et ma longue carrière qui ont fait pencher la balance en ma faveur », répétait-il dans nos colonnes après son intronisation.
Gardien de but de la sélection nationale de football durant les années 1950-60, basketteur de haut niveau, tennisman médaillé d’or en double hommes aux Jeux des îles de l’océan Indien en 1979 (Réunion) à l’âge de 44 ans, il a tout aussi bien joué au rugby, au volley-ball et pratiqué l’athlétisme durant sa jeunesse. Il s’est aussi mis au golf et même au cricket à un âge plus avancé.
Ce gentleman sportif dont la taille n’est jamais passée inaperçue sur une aire de compétition durant presque trois décennies, avait fait de l’humilité une règle de vie. Dernier d’une fratrie de cinq enfants, né le 12 janvier 1935 à Curepipe, il n’était pourtant pas destiné au foot, qui lui aura pourtant offert les plus grands moments de sa carrière de sportif.
Après des études au Couvent de Lorette de Curepipe, il mit le cap sur l’Afrique du Sud à l’âge de 12 ans pour terminer ses études secondaires. Là-bas, il s’inscrivit dans une formation de rugby, son « premier amour en sport », avouait-il. Quand à 19 ans il perdit son père, il répondit à l’appel de sa mère et rentra à Maurice. Il trouva le sport comme un prétexte solide dans sa quête à une identité par rapport au vide laissé par la disparition de son père.
Le foot, dit-il, est venu par accident. Au Dodo Club qu’il fréquentait, il croisa un jour l’entraîneur Joseph Leroy, qui lui demanda de s’entraîner pour un match contre Madagascar. Il y garda les buts de la sélection locale qui gagna 2-0. Une victoire soulignée par des arrêts autant spectaculaires que décisives de Nano. C’était là le visa d’entrée de Jean-Claude Sauzier par la grande porte du ballon rond.
Du caissier-receveur en banque à la direction de Sea Level Services — une société de service dans l’exploitation du textile — en passant par l’industrie théière et la sérigraphie, Jean-Claude Sauzier a aussi connu un beau parcours professionnel.
La cérémonie religieuse est prévue cet après-midi à 15h en l’église Notre Dame des Anges, Grand-Baie. À la famille endeuillée et à ses proches, Le Mauricien présente ses vives condoléances.