La publication des vues du comité des Nations unies des Droits de l’Homme sur l’obligation pour un candidat aux législatives de décliner sa communauté — contestée par Rezistans et Alternativ — et annoncées en exclusivité par LEMAURICIEN.COM mardi, continue à alimenter les débats publics. Le ministre des Affaires étrangères Arvin Boolell a, dans une déclaration au Mauricien, estimé que les vues du comité des Nations unies sont en droite ligne avec la position adoptée sur la question par le Premier ministre Navin Ramgoolam et le Parti travailliste. Dans les milieux du MMM, on estimait que le Premier ministre n’a d’autre alternative que de poursuivre les discussions sur la réforme électorale et éventuellement le maintien de quatre best losers.
Le ministre Arvin Boolell considère que Maurice, qui souscrit totalement aux articles et protocoles de l’International Covenant on civil and political rights du comité des Nations unies des Droits humains, a une obligation d’apporter des « effective remedies » soit en revoyant le recensement de 1972 s’agissant de l’affiliation communale soit en prenant une décision concernant le maintien ou non d’un « community based electoral system ». Dans tous les cas, a-t-il souligné, il s’agira d’adopter une inclusive approach.
Pour Arvin Boolell, la position du gouvernement et du Parti travailliste a été exprimée clairement par le Premier ministre qui a toujours estimé que 44 ans après l’accession de Maurice à l’indépendance, le pays « should have an electoral system which is more equitable and which promotes nation building and provides better representation of women ». De plus, le Premier ministre a toujours considéré absurde plus de quatre décennies après l’indépendance que les citoyens mauriciens aient à décliner leur communauté afin de se porter candidats aux élections législatives et que le système de best losers est dépassé. « Au niveau du Ptr, nous estimons que personne ne doit adopter une position qui constitue un obstacle au processus de réforme électorale qui assurerait une meilleure représentation de la population à l’Assemblée nationale. »
Arvin Boolell a par ailleurs rappelé que c’est le Ptr qui ramené le droit de vote à 18 ans et qui a introduit le suffrage universel. « C’est une force progressiste dans laquelle toutes les communautés sont représentées. Les vues du comité des Droits de l’Homme des Nations unies sur l’obligation pour un candidat aux législatives de décliner sa communauté sont en droite ligne avec la position du Premier ministre et du Ptr. » Il a invité l’opposition à aligner sa position sur celle du Parti travailliste.
Dans les milieux du MMM, on fait comprendre que cette question sera commentée en profondeur par le leader de ce parti samedi, Paul Bérenger poursuivant ses consultations avec les légistes de son parti. Toujours est-il, fait-on ressortir dans les milieux du MMM, que le Premier ministre est placé devant quatre choix : (1) fournir des justifications adéquates sur les raisons pour lesquelles le recensement de 1972 n’a pas été mis à jour ; (2) organiser un recensement en tenant compte de la communauté, ce qui sera une ironie et un recul considérable ; (3) abolir le système de best losers, ce qui semble difficile pour le gouvernement qui risque de ne pas disposer d’une majorité des trois-quarts même avec un soutien éventuel du MMM ; (4) poursuivre les discussions sur la réforme électorale en prenant en considération le maintien de quatre best losers.