Avec ce passage de relais, un service consultatif régional sur les tsunamis comprenant des responsables en Australie, en Inde et en Indonésie, sera mis en place, alors que depuis mars 2005, cette responsabilité de fournir des informations sur les tsunamis aux 28 États de l’océan Indien incombait spécifiquement au Pacific Tsunami Warning centre (PTWC) et la Japan Meteorological Agency (JMA). Cette période de transition durera jusqu’à la fin de l’année prochaine quand interviendra une évaluation du « New Regional Advisory Service ».
Pour marquer cette étape, la directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, prévoyait de s’adresser à la mi-journée par video-conférence aux autorités en Australie, en Inde et en Indonésie comme pour bien situer l’importance de cette étape en vue d’éviter la catastrophe après le tremblement de terre à Banda Aceh, Indonésie, et le tsunami du 26 décembre 2004. Pour les besoins de l’exercice d’alerte au tsunami du jour dans la vingtaine de pays sur les rives de l’océan Indien, les responsables de l’opération ont pris la décision d’adopter le même scénario, qui s’est développé avec le tremblement de terre au large des côtes de Sumatra ce 26 décembre 2004.
Toutes les agences dans ces différents pays ont été mises à contribution dans le cadre de cet exercice de simulation. Ainsi, un communiqué émis par l’Indian National Centre for Ocean Information Services souligne que « India, along with 20 Indian Ocean nations, is participating in a major Indian Ocean-wide mock tsunami drill today, aimed at testing the Indian Ocean Tsunami Warning and Mitigation System (IOTWS). The drill aims at evaluating the system operational capacity, the efficiency of communications among the different concerned actors, and the state of preparation of national emergency services ».
À Maurice, l’alerte au tsunami sous l’exercice de simulation, IOWave 11, avait été déclenchée à 6 heures 10 avec les services de Météo alertant l’Information Room de la police de cette catastrophe naturelle. Sur le champ, les procédures établies sous le Tsunami Preparedness Plan ont été mises en place avec notamment la mobilisation des effectifs de la police de la Western Division pour informer la population des zones sous la menace du tsunami, en particulier les habitants du village d’Albion pour la circonstance.
Ainsi, le réveil pour les habitants d’Albion a été quelque peu brutal avec des hélicoptères de la police survolant la région à basse altitude et des sirènes des voitures de police hurlant à travers les rues du village. Des habitants, déjà avertis du déroulement de l’exercice, ont pris la situation de manière positive alors que d’autres cédaient à la panique devant ce déferlement des forces de l’ordre. « Ti inpé abriti kan nou inn lévé avek sa bann la sirenn la polis. Après, enn ti moma nou finn konpran, ki sa ti enn l’exersis. Ena case ladan, selma », devaient faire comprendre ceux qui ont été abasourdis.
Entre-temps, des membres de la cellule de crise, comprenant les représentants des différents stakeholders, dont le conseil de districts, la police, la Special Mobile Force et la National Coast Guard, les ministères de la Santé et de l’Environnement, de la St John Ambulance et de la Croix Rouge, avaient établi leur QG dans les locaux du Black River District Council pour l’ordonnancement des étapes prévues dans le plan d’évacuation et de prévention.
Le théâtre des opérations anti-tsunami allait se déplacer dans un premier temps sur le terrain de football situé à l’arrière du poste de police d’Albion. L’évacuation des habitants d’Albion affectés par le tsunami allait se faire en deux temps. D’abord, ils devaient converger vers le terrain de football d’Albion avant d’être pris en charge par les forces de l’ordre pour être dirigés dans un lieu plus sécurisé, soit le stade Germain Comarmond à Bambous.
Un premier contingent de sinistrés du tsunami, comprenant une trentaine d’enfants et de volontaires s’étaient présentés sur le terrain de football d’Albion vers les 10 heures alors que l’hélicoptère de la police, le Dhruv, survolait la région pour un état des lieux. D’autres groupes de réfugiés se sont présentés à cet endroit au fur et à mesure.
Entre-temps, la logistique pour le transfert de ces victimes du tsunami au stade de Bambous était organisée. Principalement, des véhicules de la police et du conseil de district ont été mis à contribution pour effectuer ce transfert. Au stade Germain Comarmond, les postes de premiers secours opérés par les effectifs du ministère de la Santé étaient déjà à pied d’oeuvre pour accueillir et apporter les premiers soins aux blessés.
Les gradins du stade de Bambous ont été transformés pour accueillir les déplacés du tsunami le temps que le raz-de-marée se retire. Une collation était servie à tous ceux qui avaient participé à l’exercice le temps des dernières inspections sur la côte d’Albion à partir de 11 heures 25, heure du retrait des vagues.
Toutefois, l’exercice de simulation devait tourner, dans une certaine mesure, au vrai pour les médecins et membres du service para-médical se trouvant au stade de Bambous. Une quadragénaire devait tomber en syncope dans les gradins. Très vite, les premiers soins lui ont été prodigués avant son évacuation d’urgence vers le Princess Margaret Orthopaedic Centre (PMOC).
Probablement le seul moment d’émotion durant cette matinée quelque peu bousculée pour des habitants d’Albion participant à une opération transfrontalière dans le bassin de l’océan indien…