• Le différend au sujet de la délimitation des eaux territoriales au nord des Chagos abordé lors de la visite du président des Maldives, Ibrahim Mohamed Solih, pour les JIOI
  • Maurice obtient l’inclusion pour la prochaine réunion de sa motion contre le “Membership” de la Grande-Bretagne à l’Indian Ocean Tuna Commission

En marge des 10e Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI), Maurice se prépare à s’engager dans des consultations diplomatiques et politiques de haut niveau sur le dossier des Chagos.

En effet, avec le déplacement annoncé du président des Maldives, Ibrahim Mohamed Salim, pour participer à la cérémonie protocolaire des Jeux, le gouvernement – et en particulier le Premier ministre – compte dissiper tout malentendu avec les Maldives sur cette affaire relevant de la souveraineté de Maurice sur l’archipel.

D’autre part, Maurice compte maintenir la pression au sein de l’Indian Ocean Tuna Commission. Et ce, en contestant de manière formelle le “Membership” de la Grande-Bretagne par le truchement de ce qui n’est plus un Overseas Territory après l’Advisory Opinion de la Cour internationale de justice de La Haye et de la résolution sur les Chagos adoptée le 22 mai dernier par l’Assemblée générale des Nations Unies.

Redoubler d’efforts.

Avec la décision sans équivoque de Washington de soutenir Londres sur les Chagos suite à la déclaration publique de l’ambassadeur américain, David Reiner, lors de la fête nationale américaine du 4 Juillet, Maurice envisage de redoubler d’efforts en vue de faire prévaloir la résolution du 22 mai aux Nations Unies.

L’archipel des Maldives est l’un des rares États membres des Nations Unies à voter contre la résolution exigeant le retour à Maurice des Chagos sans condition dans un délai maximal de six mois, soit novembre prochain.

Le principal argument mis en avant par les Maldives pour justifier cette démarche est “prejudges the 2010 submission to the Commission on the Limits of the Continental Shelf”, qui fait l’objet d’un différend politique avec Maurice.

« Without due process and clarity on the legal implications of the contested matter, Maldives is not in a position to support the resolution solely as a matter of decolonisation », avait soutenu la représentante permanente aux Nations Unies, Thilmeeza Hussain.

Il avait ajouté que « for the Maldives, any uncertainty concerning the issue of the Chagos archipelago will have serious implications for the sovereignty, territorial integrity and the wider security of the Indian Ocean region ».

Recadrer.

Cette intervention des Maldives à la tribune des Nations Unies avait provoqué une réaction formelle du Premier ministre lors de ces mêmes débats en vue de recadrer cette question de délimitation des eaux territoriales auprès des instances compétentes des Nations Unies.

Des sources autorisées à l’hôtel du gouvernement indiquent qu’un éventuel tête-à-tête entre le président des Maldives et le Premier ministre au Treasury Building le week-end d’après devrait permettre de « clear the air » à ce sujet.

Les conclusions de ces consultations devraient s’avérer cruciales pour les démarches de Maurice devant la Commission des limites du plateau continental des Nations Unies.

A ce jour, Maurice s’est gardée de déposer des réclamations de délimitation des eaux territoriales pour la partie nord de l’archipel des Chagos.

Par contre, depuis le 26 mars dernier, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Gutteres, a pris note officiellement d’une demande partielle de Maurice contenant « des informations sur la limite extérieure du plateau continental au-delà de 200 milles marins des lignes de base à partir desquelles est mesurée la largeur de sa mer territoriale concernant la région sud de l’archipel des Chagos ».