La Fédération des pêcheurs artisans de l’océan Indien (FPAOI) organise cette semaine un échange interprofessionnel pour les pêcheurs de la région. La formation a démarré hier au Seafarer’s Welfare Centre, à Mer-Rouge. Des sessions pratiques en mer sur les nouvelles techniques de pêche ainsi que la transformation sont prévues. Lors de l’ouverture de cet atelier, France Andy, président de la Mauritius Fishermen Cooperative Federation, a insisté sur la nécessité de préparer la relève. Le président de la FPAOI, le Seychellois Keith André, a, lui, souligné la nécessité de renforcer les capacités des pêcheurs.

La FPAOI a été mise sur pied il y a quatre ans avec le soutien de la Commission de l’océan Indien (COI) et de la Banque mondiale. Le but était d’amener les pêcheurs de la région à collaborer et à partager les expériences et les bonnes pratiques, et ce particulièrement dans un contexte où le changement climatique, la surpêche et la pollution, entre autres, rendent le métier plus difficile. Keith André, le président, explique : « Il s’agit d’une plateforme où les pêcheurs artisans peuvent faire entendre leurs voix. Le but est à la fois de renforcer les capacités des pêcheurs et de renforcer le lien de travail avec les autorités. Car souvent, les pêcheurs ne sont pas partie prenante dans les prises de décision. »

Le fait même que cette plateforme soit financée par la Banque mondiale, à travers la COI, a-t-il ajouté, démontre que cette démarche relève du sérieux. « Le fait de pouvoir échanger ses connaissances veut aussi dire que les talents sont reconnus. Au cours de cette semaine d’activités, nous allons faire appel à des “personnes-ressources” de nos différentes îles pour partager leurs expériences. » Cette initiative est saluée par le père Jacques-Henri David, président de l’Apostolat de la mer, qui accueille favorablement l’événement au Seafarers Welfare Centre. Une telle plateforme, a-t-il précisé, permettra de sensibiliser les pêcheurs sur le développement soutenu de la pêche artisanale. Il s’est dit confiant de l’avenir du secteur de la pêche.

France Andy, président de la MFCF, a, lui, insisté sur le fait que l’académie maritime doit former les jeunes pêcheurs afin de préparer la relève. Il a cité l’exemple des Seychelles, qui œuvrent déjà en ce sens. « C’est bien que le gouvernement donne des “grants” pour lancer la pêche semi-industrielle, mais il faut aussi préparer l’avenir. Autrement, le secteur va mourir. » Ce dernier a également émis l’idée de la création d’une autre plateforme pour regrouper ceux engagés dans la pêche semi-industrielle.

Pour sa part, Marc Maminiaina, chargé de mission de la COI, a rappelé le soutien de la commission à la communauté des pêcheurs. Il a cité plusieurs initiatives visant à renforcer les capacités des pêcheurs de la région. Il a également mentionné le Blue Champion Award, organisé par la Banque mondiale à l’intention des jeunes entrepreneurs dans le domaine de l’économie bleue.

Le ministre des Coopératives, Sunil Bholah, et le ministre de la Pêche, Prem Koonjoo, ont pour leur part rappelé les différentes initiatives du gouvernement en vue de venir en aide à la communauté des pêcheurs. Plusieurs plans ont ainsi été mis en place afin de leur permettre d’acheter des équipements ou des bateaux pour la pêche hors du lagon. De même, les maisons des pêcheurs à travers l’île ont été rénovées pour offrir un meilleur service à la population.