Le projet de construction de la piste d’atterrissage à Agaléga, avec la capacité d’accueillir des Airbus 321 et des B737/900, aussi bien que la mise en place d’une jetée devront franchir une nouvelle étape vers la fin de cette année. C’est du moins ce que laissent entendre des milieux autorisés à l’Hôtel du gouvernement, avec New Delhi bouclant les étapes de procurement pour les expressions of interest auprès des firmes indiennes en vue du démarrage des travaux. Entre-temps, la question de la sécurité et du rôle de l’Inde dans l’océan Indien a dominé les délibérations de la deuxième Indian Ocean Conference se déroulant à Colombo, Sri-Lanka, en fin de semaine. La délégation indienne était dirigée par nulle autre que la ministre des Affaires étrangères, Sushma Swaraj. Elle a profité de cette tribune pour définir la vision de New Delhi pour l’océan Indien devant un auditoire comprenant des représentants d’une trentaine de pays, dont le vice-président des Seychelles, Danny Faure, et le chef de la diplomatie de Singapour, Vivian Balakrishnan. Maurice était représentée par le ministre des Ressources marines, Prem Koonjoo.
Au vu des dernières analyses lors de cette conférence internationale ayant pour thème les trois P, soit Peace, Progress and Prosperity, organisée sous l’égide de l’India Foundation, la Rajaratnam School of International Studies de Singapour et le National Institute of Fundamental Studies de Colombo, Agaléga se présente comme une pièce importante dans le plan de New Delhi visant à assurer la sécurité dans cette voie maritime stratégique. D’ailleurs, la chef de la diplomatie indienne n’a pas manqué de situer l’enjeu en soutenant que l’océan Indien est emprunté chaque année par quelque 100 000 cargos, transportant la moitié des cargaisons de conteneurs dans le monde, un tiers du bulk cargo trafic mondial et deux tiers des besoins pétroliers du monde. À ce stade, très peu de détails sont disponibles quant à l’évolution du projet des Indiens pour Agaléga.
« Nous devrons être en présence d’un dernier update des procédures enclenchées par les autorités indiennes vers novembre/décembre de cette année. Nous croyons comprendre que le procurement exercise est en full swing en Inde. Comme l’avait comprendre le Premier ministre, Pravind Jugnauth, en réponse à la Private Notice Question du leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, à la mi-juin, l’étape du lancement des expressions of interest pour les travaux d’infrastructure à Agaléga est sous le contrôle de l’Inde, qui assure le financement des travaux. L’envergure des travaux et les coûts ne seront confirmés qu’après évaluation des expressions of interest par le gouvernement indien », font comprendre des sources autorisées à l’Hôtel du gouvernement, qui ne veulent à aucun prix se laisser entraîner dans la polémique quant aux intentions de Delhi par rapport à cette partie du territoire mauricien.
Les travaux, qui seront entrepris à Agaléga selon le Detailed Projet Report agréé entre l’Inde et Maurice, comportent trois volets, en l’occurrence :
l construction of a new runway of 3000m along with associated aircraft movement area to facilitate operations of B737-900/and Airbus 321 type of aircraft ;
l jetty infrastructure for berthing and movement of ships of length 149 metres and drawing draught of 9 metres, et ;
l development of other associated support infrastructure, such as maritime and air traffic control buildings, hangar, passenger terminal building, desalination plant, as well as electricity, water and sewerage systems.
Neighbourhood First Policy
Lors de son intervention à la conférence de Colombo, Sushma Swaraj s’est appesantie sur la finalité du concept défini par le Premier ministre indien, Narendra Modi, SAGAR (Security and Growth for ALL in the Region). « But most of all, for the Indian Ocean economic revival to be sustainable, the waters must not only be better connected but they should remain free from non-traditional and traditional threats that could impede the seamless movement of goods, people and ideas », devait-elle déclarer tout en ajoutant que « security is fundamental to the SAGAR vision. If the revitalised maritime economy of the Indian Ocean region is to be a force for global economic growth in the coming years, it is essential that the waters remain peaceful, stable and secure. »
Développant la Neighbourhood First Policy de l’Inde, la ministre des Affaires étrangères a mis l’accent sur la dimension de port connectivity des États riverains de l’océan Indien. « We remain committed to extending port connectivity among the littoral states of the Indian Ocean and beyond. This is the objective behind the Sagarmala initiative, which aims to establish new ports and modernise old ones », rassure-t-elle, avant de confirmer que « we (India) continue to work on a range of projects to improve maritime logistics in Sri Lanka, Maldives, Mauritius and Seychelles.» Elle a ajouté que « our response to security challenges in the Indian Ocean will be based on our national capabilities, complemented by participation in relevant regional platforms.»
Le leitmotiv dans le camp indien se résume ainsi : « Our vision for the Indian Ocean region is to preserve its organic unity, while advancing cooperation. We envisage Indian Ocean as an engine for growth and prosperity in our region and beyond. It is of utmost importance that these waters remain safe and secure. » La presse internationale, faisant état des conclusions de cette conférence, avance que « all the countries, including the United States, Australia, France, Germany, India, Sri Lanka, Indonesia, Bangladesh, the United Kingdom, Afghanistan, Singapore, Seychelles, Mauritius, Malaysia, Japan and Vietnam, felt that the Indian Ocean has to be guarded against going the way of the South China Sea. Claims and hegemonistic assertions by the more powerful nations in the Indian Ocean region need to be guarded against, and respect for international laws and conventions needs to be imbibed by all. » Dans cette perspective, l’Inde est appelée à jouer un rôle prépondérant dans cette realpolitik de l’océan Indien.
Pour sa part, le ministre Koonjoo, a déclaré, entre autres, que « unless the threat to maritime security in the Indian Ocean region is addressed, there can be no peace and prosperity in the region. Just as intensive international cooperation ended piracy off Somalia, similar cooperation and coordination is necessary to tackle trafficking in humans and drugs (through the Indian Ocean) that is posing a severe threat to all countries in the region. »