La lutte contre la pêche illicite non déclarée et non réglementée (INN) dans le sud-ouest de l’océan indien sera renforcée sensiblement grâce à l’action combinée des quatre pays membres de la Commission de l’océan Indien (COI) auxquels se sont joints le Kenya et la Tanzanie. Ce programme, coordonné par la COI, bénéficie d’une subvention partielle de l’Union européenne (UE). Les pays participants sont appelés à apporter également une contribution financière. Pour la période 2016-2018, l’UE apporte une subvention de 1,5 million d’euros. Une contribution totale d’un million d’euros provient des six pays de la région. Maurice a été le dernier des six pays à signer l’accord avec la COI et l’UE hier.
Aux termes du programme commun, des efforts supplémentaires seront déployés pour renforcer les opérations de surveillance dans la zone maritime des cinq États membres de la COI ainsi que du Kenya et de la Tanzanie jusqu’en mai 2018 et pour les échanges d’informations dans le cadre d’une analyse des risques. Quelque 160 jours de patrouille supplémentaires pour un patrouilleur malgache et 55 heures de vols additionnelles pour la patrouille aérienne de Maurice sont prévus. Pour Carla Osorio, ministre conseillère auprès de la délégation de l’UE à Maurice, « ce programme s’inscrit pleinement dans les orientations générales de l’UE en matière de pêche responsable et durable et de coopération régionale ».
L’enveloppe financière sera administrée par les centres nationaux de surveillance des pêches sous la coordination de la COI. Les pays bénéficiaires géreront respectivement : 523 164 euros (Comores), 917 800 euros (Madagascar), 402 792 euros (Maurice), 186 849 euros (Kenya), 258 336 euros (Seychelles) et 246 688 euros (Tanzanie). Soit près  de Rs 100 millions. C’est la première fois que Maurice y participe.
« Le renforcement de la lutte contre la pêche illégale fait partie des priorités de la nouvelle stratégie régionale des pêches de la COI », a souligné Jean-Claude de l’Estrac, secrétaire général de la COI. « La conservation et la gestion durable de nos ressources halieutiques sont primordiales pour nos économies. Ce n’est que par la mutualisation de nos ressources et moyens que nos pays seront en mesure de consolider la filière des pêches et de protéger la ressource contre les pillages », a-t-il ajouté.
Depuis 2007, dans le cadre du plan régional de surveillance des pêches, les pays ont mené 45 patrouilles régionales en mer et 930 heures de survols aériens, en sus d’embarquer plus de 392 inspecteurs des pays membres ainsi que les Kenyans. En 2015, 12 151 jours d’observations scientifiques sur les bateaux de pêche fréquentant la région de la COI ont été enregistrés et plus de 70 infractions majeures constatées.
La région de l’océan Indien est le deuxième plus grand fournisseur de thons au niveau mondial. Avec sa production domestique cumulée de 280 000 tonnes par an, la pêche constitue une source importante de revenus et d’emplois pour les pays du sud-ouest de l’océan Indien. Aujourd’hui, il est estimé que le secteur des pêches contribue à hauteur de 5% au PIB régional. Il participe également à la sécurité alimentaire et nutritionnelle de l’ensemble des pays de cette zone de l’océan Indien.