Quinze pirates ont été condamnés lundi par les autorités judiciaires seychelloises, portant à 98 le nombre de personnes trouvées coupables de piraterie par les Seychelles jusqu’ici. Maurice est, pour sa part, prête à accueillir les premiers pirates à être jugés avant leur rapatriement en Somalie.
« Nous nous félicitons du leadership régional des Seychelles dans la lutte contre la piraterie, comme le démontre leur volonté de poursuivre en justice et d’incarcérer des pirates somaliens et d’accueillir le centre régional de coordination du renseignement qui appuie les futures procédures juridiques. Le verdict marque une étape positive dans la mise en place d’une réponse internationale forte et unifiée contre la piraterie en provenance de la Somalie et dans la promotion de la libre navigation dans le monde entier », explique le département américain dans son communiqué diffusé hier.
Les 15 individus ont été condamnés pour attaque contre un navire de la marine marchande et enlèvement de 13 pêcheurs iraniens sauvés par la marine des États-Unis. Cette condamnation porte le total des pirates reconnus coupables à 631, dont 98 aux Seychelles. 440 pirates présumés comparaissent par ailleurs en justice dans 21 pays, y compris aux États-Unis.
Une campagne internationale menée par les États-Unis a entraîné une chute brutale du nombre d’attaques de pirates somaliens. Andrew Shapiro, secrétaire d’État adjoint aux affaires politiques et militaires, a soutenu que les pirates somaliens détenaient en janvier 2011, 31 navires et 710 otages. Ils en comptent aujourd’hui cinq et 143 respectivement.
« C’est une baisse d’environ 80 % des navires et des otages détenus par les pirates depuis janvier 2011. Bien que ce chiffre soit encore trop élevé, la tendance est claire. Nous faisons des progrès considérables », a déclaré Andrew Shapiro récemment. Il attribue cette réussite au « smart power » (pouvoir intelligent) des États-Unis qui utilisent de nombreux outils, dont ceux diplomatiques, économiques, militaires, politiques, juridiques et culturels.
Selon le secrétaire d’État adjoint, les outils utilisés contre les pirates sont : 1) la puissance militaire, 2) la collaboration avec le secteur privé, 3) l’application juridique, 4) le ciblage des réseaux, et 5) le développement et la gouvernance. Un engagement diplomatique des États-Unis, avance-t-il, a été la force qui a fusionné et orienté la campagne.
Comme l’a expliqué Andrew Shapiro, les États-Unis ont aidé à mettre en place le Groupe de contact sur la piraterie au large de la côte de la Somalie en janvier 2009. Ce groupe compte aujourd’hui plus de 70 pays ainsi que des organisations internationales et de l’industrie maritime pour superviser la coordination navale en mer, les questions judiciaires et juridiques portant sur les pirates capturés et les programmes de diplomatie publique pour décourager la piraterie.
Une trentaine de navires en provenance de 22 pays patrouillent le golfe d’Aden à tout moment, les compagnies maritimes elles-mêmes prennent des dispositions pour contrecarrer les attaques de pirates. Andrew Shapiro a déclaré que la mesure la plus efficace contre le piratage pour une compagnie maritime commerciale est de mettre en place une équipe de gardes de sécurité armés à bord de ses navires.
Mettre fin de manière durable à la piraterie en Somalie exige le rétablissement de la stabilité dans ce pays qui commence à sortir du chaos, a souligné le secrétaire d’État adjoint. Dans l’immédiat, a ajouté Andrew Shapiro, la diplomatie publique américaine fait passer des messages qui montrent comment les pirates violent les valeurs et la société somaliennes traditionnelles ainsi que la valeur des efforts de développement économique que la communauté internationale mène actuellement.