Rien ne sert de rêver quand on ne peut réaliser ses rêves, dit un vieux dicton. Et dans le droit fil de la tradition des Jeux mondiaux, continentaux et régionaux, dans notre cas, le décompte des médailles est un sujet de préoccupation incontournable, autant pour les sportifs participants, les dirigeants que les supporters.

En début d’après-midi d’hier, alors même que les Jeux n’étaient pas encore été déclarés ouverts officiellement, la chasse aux médailles est vite devenue une actualité passionnante dans le complexe sportif flambant neuf de Côte d’Or, qui abrite les épreuves de natation. Car c’est connu, les oppositions entre les « frères ennemis » (Mauriciens et Réunionnais), désormais arbitrées par les Dalons seychellois, ont toujours été empreintes de fortes émotions avec une histoire sportive qui les lie depuis des décennies. Une histoire contre l’insularité dans cette partie de l’océan Indien et qui devrait perdurer pour longtemps encore dans le bassin.

Si l’histoire retiendra que c’est la Seychelloise Felicity Passon qui aura été la première médaillée d’or des Jeux, c’est ni plus ni moins le chef de file de la natation mauricienne, Bradley Vincent, qui a été notre premier sportif doré des JIOI 2019. Un signal fort de BV dans la série 2 des éliminatoires tôt le matin, puis une finale du 50m nage libre, en début d’après-midi, bouclée en 22″57, avec à la clé un nouveau record des Jeux. La jeune Alicia Fok Shun, 15 ans seulement, a émulé son leader en se parant d’or au 50m brasse. Côte d’Or, ou le début d’une cote dorée, est-on tenté de dire, pour notre natation dans ces Jeux 2019, nous rappelant l’épopée glorieuse de la bande à Corinne Leclair — reine des bassins avec six médailles d’or aux Jeux 1990 — et traduite par 10 médaillés d’or à Tana. Soit la plus belle moisson jamais réalisée dans cette discipline par les nôtres.

« Les Mauriciens aiment le sport et cela se voit… » On ne pouvait attendre meilleur compliment venant du président du Cij, lui-même, Antonio Gopal, dans son allocution officielle à Anjalay hier soir. Le cérémonial émouvant de l’allumage de la vasque par Éric Milazar et Marie-Lourdes Allysamba, qui a suivi, embrase dans sa simple expression la bienveillance, le fair-play, la discipline et l’esprit de la compétition, inhérents à l’esprit olympique. Pour beaucoup, faire perdurer les JIOI, c’est avant tout défendre les valeurs sportives et morales qu’ils véhiculent et renforcer toutes formes de camaraderie.
Le ton est donc donné pour neuf jours de franche rivalité et de camaraderie.

Daniel SOULANGE