Notre sélection nationale de football n’aura pas chassé totalement ses démons. Le Club M — rallié autour d’un sir Anerood Jugnauth plus que jamais supporter n°1 — qui se voulait être un éclaireur taillé sur mesure dans son fief curepipien pour ouvrir la voie aux nôtres dans ces 10es Jeux des îles de l’océan Indien, s’est fait marcher sur les pieds par des Dalons recroquevillés sur eux en première mi-temps, mais qui ont su se dépêtrer du piège mauricien sur un cinglant contre après le coup de l’heure.

Ce nul (1-1), premier match à enjeu réel des Patel Boys, souligne le manque de rigueur, l’absence de concentration au sein d’un groupe pourtant très enthousiaste dans la première demi-heure. Une tranche de jeu où la « méthode Patel » a marché. Puis, c’était la douche froide. Inattendue et qui souvent ne pardonne pas au haut niveau, surtout dans un tournoi où l’on joue toutes les 72 heures et de surcroît dans une poule à trois équipes.

À l’heure d’un premier constat rapide, ce partage de points — dans un groupe A où aucun faux pas n’est plus permis — tranche singulièrement avec la belle maîtrise du Club R, champion en titre et rayonnant contre des Maldiviens (4-0) limités dans le groupe opposé. Le succès surprise de Mayotte aux dépens des Comores (2-0) est peut-être par ailleurs une indication d’une redistribution des cartes dans ces JIOI 2019.

Alors que la natation a pris le relais dans le joyau de Côte d’Or depuis ce matin, l’événement du jour demeure la cérémonie d’ouverture de ces Jeux. Un cérémonial qui devrait traduire dans sa simple expression l’hospitalité, la sensibilité mauriciennes. Catalogués comme des Jeux cinq étoiles, les JIOI qui reviennent sur nos terres 16 ans après ne devraient pas non plus déroger à une tradition profondément instaurée dans l’histoire de ce rendez-vous indiaocéanique, et confirmer que la fibre sportive et culturelle prévaut toujours, malgré les secousses de 2003 chez nous, de 2007 à Tana, 2011 à Mahé et tout dernièrement à l’île sœur (2015) avec le triste épisode des Comores qui s’étaient retirées des Jeux en pleine cérémonie d’ouverture à St-Denis. Ces mêmes Comoriens ont depuis changé leur fusil d’épaule. À leur tête, leur ambitieux président Azali Assoumani, qui ne rêve que de 2023 dans son fief de Moroni.

Daniel SOULANGE