Après l’exposition de peinture « Le Salon d’été » qui a pris fin vendredi dernier, durant toute cette semaine, ce sont les îles de l’océan Indien qui sont présentées à travers une quarantaine de peintures accompagnées d’une série de textes sur leur histoire, au premier étage du Mauritius Institute. Une initiative de l’Organisation for Diaspora Initiatives (ODI) conjointement avec l’Association région sud (ARS) Terres Créoles de la Réunion en marge de la célébration de la fête nationale.
« Voyage dans le Monde du Capricorne » est l’intitulé de cette exposition, un projet d’ARS Terres Créoles qui date de 1995 et dont l’objectif est de donner l’occasion aux 23 millions d’habitants des îles Comores, Mayotte, Réunion, Seychelles, Madagascar et Maurice de connaître leur destin commun. Les textes sont de Mario Serviable, membre de l’ODI et représentant de la Réunion. Les images avaient été commandées auprès des artistes, affirme-t-il au Mauricien.
Six textes et six images présentent les Comores et les Seychelles ; neuf évoquent les trois autres îles. Bien qu’ils aient travaillé à partir d’une commande, les artistes étaient libres de s’exprimer, fait ressortir M. Serviable. Chaque série d’images parlant d’un pays garde une certaine homogénéité au niveau de la présentation. C’est ainsi que pour les Comores, elles sont présentées dans un encadrement rappelant un style islamique dominé d’ailleurs par le “vert musulman”. Un clin d’oeil à la république islamique ! Les images évoquent l’apparition de l’île à la suite d’une explosion volcanique – « Dieu ayant créé le Monde contempla son oeuvre, et encore insatisfait, jeta quatre cailloux colorés dans l’océan : quatre îles apparurent dans une somptueuse barrière de corail » –, le développement, la pêche, un des secteurs de l’économie, entre autres. Ce sont Mohamed Ali et Napalo qui ont illustré les textes sur Les Comores.
Pour Madagascar, chaque image, chaque texte est imprimé sur un fond rouge renvoyant à son surnom d’Île Rouge. Ces peintures de Maillot sont présentées selon « le dispositif culturel carré de la Grande Île ». Comme pour les Comores, le texte de présentation titille l’imaginaire du visiteur. Il parle du « continent englouti, Gondwana ou la mythique Lémurie ».
Les images très colorées évoquant Maurice et la Réunion présentent un même style de dessin signé Baudry. Celles de Maurice sont présentées sous forme de timbre poste, rappelant le fameux Blue Penny et celles de la Réunion, sous forme de parchemin.
Mario Serviable introduit Maurice ainsi : « Malcolm de Chazal affirme que l’île fut habitée, aux origines, par des géants tailleurs de pierre venus du Grand Croissant Lémurien… » Comme pour les autres, il passe tout de suite à une brève présentation historique du pays. Il boucle la série sur Maurice en parlant de République Arc-en-ciel.
L’on retiendra du premier texte de présentation de la Réunion : « Les premiers textes descriptifs de l’île appartiennent à la géographie de la sidération : abondance, douceur et salubrité. De Rennefort, en 1665, dresse un inventaire de la plénitude : les malades recouvrent la santé, les appétits sont rassasiés. » Mario Serviable revient ensuite à l’histoire de l’île et son développement avec les temps forts qui l’ont marquée. Il termine en affirmant qu’aujourd’hui, « elle est surtout le modèle le plus achevé de l’intégration dans la France, d’hommes de couleurs et de croyances différentes, préfigurant les sociétés plurielles et fraternelles de demain. »
L’exposition se termine avec une présentation des Seychelles. Les images sont présentées dans une découpe rappelant les coco-fesses emblématiques de l’archipel. Dans son texte d’introduction, Mario Serviable affirme : « Pendant des siècles, on ramassait aux Maldives un coco au corps de femme qui redonnait vigueur aux vieux hommes… » Les images sont de Bruno Lajoinie.
Dans l’optique de mieux faire connaître aux populations de l’océan Indien leur histoire commune, indique Callixte d’Offay, le secrétaire général de la Commission de l’océan Indien, cette exposition sera itinérante. Elle sera exportée vers les autres îles.
L’exposition prend fin ce vendredi 9 mars.
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Une étude en vue d’affiner une stratégie culturelle régionale
Callixte d’Offay, secrétaire général de la Commission de l’océan Indien, a indiqué qu’une étude entreprise par l’Unesco est en cours en vue de soutenir l’organisme régional pour affiner une stratégie culturelle régionale. C’était hier, à l’occasion de l’ouverture de l’exposition Voyage dans le monde du Capricorne, en marge de la célébration de la fête nationale par le ministre des Arts et de la Culture, Mookhesswur Choonee. Lors de son intervention, celui-ci devait longuement s’appesantir sur le lien qui unit toutes ces îles, allant même jusqu’à les appeler les îles siamoises.
Pour sa part, Chit Dukhira, président fondateur de l’Organisation for Diaspora Initiatives (ODI), devait surtout parler de ces objectifs. Il précise que bien que l’organisation représente toutes les diasporas, elle est surtout « inspired by the indian culture ».
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Calendrier d’activités de la semaine
Dans le cadre de la célébration de la fête nationale, de nombreuses activités sont organisées pendant tout le mois de mars.
Mardi 6 : la troupe Komiko présente “Mo pays” au Kafe T@ à Belle-Rose, à 20 heures.
Mercredi 7 : projection d’un court métrage par la Mauritius Film Development Corporation à la municipalité de Vacoas/Phoenix.
Vendredi 9 : projection d’un court métrage par la MFDC au SSS Bambous à 16 heures.
Samedi 10 : Komiko présente “Mo pays” sur la plage du Morne à 17 heures.
Dimanche 11 : Komiko présente “Mo pays” sur la plage du Morne à 17 h30 ; festival de cuisine musulmane au Centre culturel islamique rue la Paix à Port-Louis.