Le président de l’Association pour la créativité artistique, Dev Chooramun, a déploré les difficultés que continuent à rencontrer les artistes mauriciens pour vendre leurs oeuvres et l’inondation du marché par des produits importés. Il a lancé un appel au ministre des Arts et de la Culture, Prithiviraj Roopun pour prendre en considération les propositions de l’association afin que les artistes puissent bénéficier des opportunités.
S’exprimant lors de l’ouverture d’une exposition collective organisée par l’ACA au Centre Nelson Mandela, dans le cadre de la Journée internationale de l’art, Dev Chooramun a souligné que cela fait plusieurs années que l’ACA soumet ses propositions dans ce sens au ministère mais que jusqu’à présent, rien n’a été concrétisé. Le président de l’ACA déplore l’absence de culture artistique à Maurice. « Une personne peut dépenser jusqu’à Rs 25 millions dans l’acquisition ou la construction d’une maison mais n’achètera pas un travail d’artiste ». Pour lui, si les entreprises, promoteurs immobiliers et investisseurs pouvaient dépenser ne serait-ce que 1 % de leur budget en faisant l’acquisition d’une oeuvre d’art, cela aiderait grandement les artistes à vivre de leur travail. Il déplore également les difficultés d’accès aux hôtels, où se trouvent de potentiels acheteurs. Il suggère qu’un espace soit dédié aux artistes dans les hôtels, à l’aéroport ou tout autre espace susceptible de leur pourvoir une visibilité et un potentiel de vente. Un espace dédié pour des démonstrations en live dans les hôtels est également souhaité. Pour lui, le gouvernement doit favoriser l’épanouissement des artistes en facilitant leur accès aux marchés à travers une politique nationale. Il a lancé un appel au ministre Roopun, qui était présent, dans ce sens.
« Nou pou esey donn apui ki nou kapav. Mo ena bann lide me mo pa pou dir li asterla », a pour sa part affirmé Prithiviraj Roopun. Auparavant, le ministre s’est longuement appesanti sur la complexité de la définition de l’art et de la culture. Il se réjouit qu’il y ait désormais une journée internationale dédiée a l’art mais trouve « drol ki sa fer zis sink an ki selebre li ». Pour lui, outre l’aptitude d’une personne pour faire de l’art, il lui faut travailler pour réussir. Il a mis l’accent sur la formation pour se professionnaliser, en prenant l’exemple des artisans qui ont également du mal à écouler leurs produits, et sur l’encadrement des parents en citant Jane Constance, chanteuse mauricienne non-voyante, aujourd’hui ambassadrice de paix de l’Unesco qui a été soutenue par ses parents dès un jeune âge pour des cours de musique. Prithiviraj Roopun a mis l’accent sur la nécessité de créer des opportunités pour que les artistes puissent produire et se produire, d’où le texte de loi en préparation sur le statut de l’artiste. « Nou pou gete kouma kapav ankadre artis », affirme-il, en soulignant toutefois que « l’art est très subjectif ». Il rejoint le président de l’ACA en soulignant qu’il faut conscientiser les Mauriciens à l’art et en faire une culture.
Le ministre a rendu un hommage aux artistes que le pays a perdus récemment dont le dernier en date est l’écrivain Bhismadev Seebaluck.
L’exposition-vente nationale qui se tient actuellement au Centre Nelson Mandela à La Tour-Koenig regroupe les travaux de 23 artistes, tous genres confondus. Elle est ouverte jusqu’au 28 avril en jour de semaine, de 10 heures à 15 heures 30. L’entrée est gratuite.