La présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, ainsi que le Premier ministre suédois Stefan Löfven se sont vus confier la coprésidence de la Commission mondiale sur l’avenir du travail, qui a été lancée officiellement à Genève hier par l’Organisation internationale du travail (OIT). La création de cette commission s’inscrit dans le cadre de l’initiative du centenaire de l’OIT sur l’avenir du travail.
Ameenah Gurib-Fakim se partagera la présidence de la Commission mondiale sur l’avenir du travail avec le Premier ministre suédois Stefan Löfven. Cette commission, qui a été lancée hier à Genève, rassemble d’éminents penseurs et experts du monde entier. Elle soumettra son rapport aux États membres de l’OIT en 2019.
Plus de 100 pays ont organisé des dialogues nationaux entre gouvernements, employeurs et travailleurs afin de réfléchir aux approches qui permettront de relever les futurs défis au sein du marché du travail. La contribution de cette nouvelle commission sera aussi une partie importante du suivi du Programme historique de développement durable à l’horizon 2030. L’Objectif 8, en particulier, concerne la promotion d’une croissance économique durable et partagée, du plein-emploi productif et du travail décent pour tous.
« Depuis près d’un siècle, l’OIT a contribué de manière remarquable à faire du monde du travail un monde meilleur. Elle l’a fait en rassemblant les représentants des gouvernements, des travailleurs et des employeurs au service de la justice sociale », affirment conjointement Ameenah Gurib-Fakim et  Stefan Löfven. Tous deux précisent avoir accepté cette responsabilité en affirmant : « Il nous appartient de créer l’avenir du travail plutôt que de laisser des forces que nous sommes incapables de contrôler nous l’imposer (…) Nous sommes convaincus que l’avenir recèle un puissant message d’espoir. » C’est dans cet état esprit, précisent-ils, qu’ils se sont engagés à diriger cette commission mondiale et de donner la priorité aux solutions concrètes, aux conseils politiques et aux bonnes pratiques, et ce « dans le but de faire de l’avenir du travail un avenir qui intègre chacune et chacun ».
Selon eux, cette instance mondiale doit aborder « les nombreux enjeux cruciaux de notre époque et pour l’avenir, qui sont ancrés dans le monde du travail ». Elle traitera d’une question fondamentale, à savoir : « Comment devrait s’organiser un monde du travail qui se transforme rapidement pour répondre aux valeurs de justice sociale ? ». Dans une déclaration conjointe faite à cette occasion, Ameenah Gurib-Fakim et Stefan Löfven se disent « convaincus » que le travail est « le fondement de l’épanouissement des personnes et des sociétés ». Et de souligner : « Source de revenu décent, le travail ouvre la voie au progrès social et économique au sens large en renforçant les individus, leurs familles et leurs communautés. »
Les deux dirigeants relèvent cependant que la technologie, la démographie, le changement climatique et la mondialisation transforment le travail « à une vitesse, une profondeur et une échelle inédites ». Ils reprennent : « Ces changements sont pleins de promesses mais également porteurs de beaucoup d’incertitudes sur l’avenir du travail. La crainte que “si certains peuvent tirer grands profits de ces changements radicaux, beaucoup d’autres ne le pourront pas” est devenue une préoccupation majeure, surtout au moment où de nombreux pays sont confrontés à un chômage de masse. »
Tous deux soulignent l’importance d’encourager le potentiel de création d’emplois que représente la transition vers la viabilité environnementale et vers un système mondial d’échanges ouvert et équitable, fondé sur des valeurs fortes de droits, de liberté et de solidarité. « La mondialisation doit bénéficier à tous. Seules les personnes qui éprouvent un sentiment de sécurité au présent peuvent accueillir favorablement un avenir incertain », estiment-ils. Et de conclure : « Plutôt que d’adopter une approche attentiste, nous devons réfléchir sérieusement à l’avenir du travail que nous voulons et sur la manière d’y parvenir. L’avenir n’est pas prédéterminé et peut être influencé par les choix de société et de politique que nous faisons aujourd’hui. »