Depuis vendredi, toute la cité EDC, à Olivia, est en émoi. Pour cause : Bernie Andrew Montagnard est porté manquant depuis la matinée. Mais hier, cet émoi s’est transformé en un immense chagrin qui ne risque pas de se dissiper de sitôt. Le corps du petit a été retrouvé sans vie, dans une rivière qui coule à environ 200 mètres de la maison familiale. L’autopsie effectuée par le Dr Sudesh Kumar Gungadin a attribué le décès du nourrisson à l’asphyxie par noyade.
Hier après-midi, 14h. Il fait un temps de chien à Olivia. En dépit de quelques éclaircies, une pluie intermittente ne cesse de recouvrir les alentours. Assis à une table, Mario Montagnard, 46 ans, laboureur de son état, ne cesse de penser à son fils Bernie. Mario est le père de cinq enfants. Bernie, son dernier fils, est issu d’un second mariage. Lorsque Mario Montagnanrd nous reçoit, il attendait un appel de l’hôpital Victoria, Candos, pour savoir si l’autopsie du petit Bernie a pris fin. Le regard hagard, ne pouvant aligner cinq mots de suite, Mario est terrassé par la douleur. Il ne comprend pas comment un tel drame a pu se produire. Alors qu’il recevait Week-End, un de ses fils mangeait quelques cuillérées de riz et de « brèdes ». Mario, lui, n’a ni faim, ni soif. Il ne cesse de penser à Bernie. « Nepli anvi manze, nepli anvi naryen; mo pa kompran seki finn arive », dit-il. Rassemblant son courage, Mario essaie de revenir sur cette maudite journée de vendredi…
Comme à son habitude en période de récolte sucrière, Mario est debout avant les aurores, soit aux alentours de trois heures du matin. Pour cause : il doit impérativement quitter la maison aux alentours de 4 heures afin de travailler dans les champs de cannes. Il exerce ce dur métier depuis déjà 22 ans. Outre son travail dans les champs, Mario travaille aussi dans une petite bananeraie qu’il possède dans la localité. Ce vendredi matin-là, en compagnie de Margerite Etoo, sa deuxième épouse, Mario a quitté son domicile très tôt pour travailler dans la bananeraie.