Deux élèves du Lycée Labourdonnais, Michaël Descombes et Roan Moonoosamy, s’envoleront la semaine prochaine, avec le Professeur Fabrice Maréchalen, pour Paris, où ils représenteront leur établissement scolaire à la Maison de la Chimie. Une opportunité inouïe pour ces apprentis chimistes, en classe de 1ère S, de « défendre l’image de marque de cette profession », pivot du monde, mais souvent mal perçue dans l’opinion publique. A travers une action de communication autour de la « Nano-colle » – une révolution à venir dans le domaine de la chirurgie – ces élèves, qui figurent parmi les représentants des huit écoles finalistes des Olympiades de Chimie (concours national organisé par le ministère de l’Education française, et ouvert aux établissements français à l’étranger (AEFE), veulent porter haut le drapeau mauricien, et celui du Lycée Labourdonnais, en rappelant au monde, que « la chimie d’aujourd’hui marque des points pour demain. »
Leur projet, placé ainsi sous le thème « La chimie d’aujourd’hui, marque des points pour demain », démarré en octobre dernier, avec la collaboration du grand chimiste français, le Pr Lubwik Liebler a en effet retenu l’attention du jury français du concours annuel, Les Olympiades de Chimie, du ministère de l’Éducation française. Et ils n’en sont pas peu fiers. La vingtaine d’étudiants de 1ère S, suivi par le Pr Fabrice Maréchalen ont bossé dur pour parvenir à ce premier résultat. Celui d’être retenus parmi les huit finalistes des 25 écoles participantes de ces Olympiades, pour pouvoir « défendre leur projet ». Un projet qui s’articule autour de la communication sur la Chimie et qui contribuera, à postériori, à l’avancée de la médecine. « C’est génial. On a réalisé un truc super. On s’est investi dans le but de gagner et voilà, on va à Paris », disent Michaël Descombes et Roan Moonoosamy. Aux côtés de deux autres de leurs camarades de cours, Shahil Sauba, et Luana Sawmynaden, ils racontent leur expérience qui a mené la classe 1ère S, à ce résultat.
« Sans la Chimie, quel aurait été notre quotidien? »
Avec l’aide de leur enseignant, les élèves de 1ère S du LLB se sont ainsi intéressés au travail du Pr Lubwik Liebler, concernant une colle, la Nano-colle, qui devrait révolutionner la médecine chirurgicale prochainement. A travers les différentes sessions de travail que ces étudiants ont eues à travers Skype entre autres, avec le Pr Liebler, ils ont non seulement appris du concept de cette nouvelle colle à base de nanoparticules de silicate, mais aussi constitué un projet pour « promouvoir » ce produit. L’objectif étant d’améliorer l’image de marque de la chimie à travers la communication. « Pour beaucoup, la Chimie a une image négative, polluante des fois, toxique, mal … Il y a même des manifestations contre certaines inventions chimiques dans le monde. Aujourd’hui, nous avons un devoir de refaire cette image, car avant tout, la Chimie c’est l’innovation. Imaginez ce que serait le monde si nous n’avions pas connu l’électricité, le savon… Des choses de notre quotidien, tellement simple que nous n’y prêtons même pas attention, mais dont il a fallu l’invention. Sans la Chimie, quel aurait été notre quotidien? », demande Roan Moonoosamy. Difficile à imaginer, sourit-il.
D’où l’importance de la communication dans ce domaine. C’est ainsi qu’avec ses camarades de classe, le projet « La chimie d’aujourd’hui marque des points pour demain » a été élaboré pour être présenté à la Maison de la Chimie, le 9 avril prochain. Le thème choisi pour ce projet autour de la communication n’est pas anodin. « Les points, la Chimie peut en marquer, et certainement, avec la Nano-colle, dont l’utilisation vise à remplacer les points de suture à l’avenir, il est évident que la Chimie représente l’avenir de demain », dit Fabrice Maréchalen. Il est vite rejoint dans ses explications par Michaël, Roan, Luana et Shahil qui font ressortir qu' »à ce jour, on ne peut pas faire de point de suture sur les organes, à l’instar du foie, des poumons, etc. Or, en cas d’accident, disposer d’un moyen rapide pour souder une blessure peut sauver un vie. C’est l’intention de la Nano-colle, qui devrait servir dans le domaine de la chirurgie, voire, plus particulièrement pour les urgentistes. » Selon eux, il s’agit d’un véritable progrès pour la médecine, surtout pour les urgentistes. Les porte-paroles de la 1ère S du LLB insistent d’ailleurs sur l’intérêt qu’a suscité ce produit chez eux, les motivant à travailler davantage sur la nécessité de la communication pour promouvoir l’utilité de la Chimie dans le monde.
Mentionné aux Etats-Unis
Répartis en groupe de six, les élèves de la 1ère S du LLB ont élaboré leur projet de communication en s’appuyant sur la création d’un site-web pour leur projet, la théorie du fonctionnement de la colle Nano, ses avantages, ses inconvénients, les expériences qu’ils ont été emmenés à faire pour comprendre le concept de ce produit, et la communication sur ce produit avec les médecins. Si les six étapes de ce projet ont été concluantes, ils ont buté sur la communication avec les médecins, les professionnels de la Santé à Maurice n’ayant pas daigné répondre à leur sollicitation sur le sujet. « C’est dommage, nous n’avons pu compter que sur le médecin de l’école. Les autres médecins nous ont envoyé balader. Mais nous avons quand même réussi un très bon travail. Nous avons été sélectionnés parmi les huit finalistes », disent-ils. Qui plus est, leur travail a même été mentionné lors d’une présentation récemment effectuée par le Pr Lubwik Liebler, aux États-Unis, durant laquelle l’île Maurice et les étudiants du LLB ont été salués pour l’importance qu’ils accordent à refaire l’image de la chimie dans le monde.
Satisfaits du travail effectué, après une première conférence sur ce sujet pour le Lycée Labourdonnais en février dernier, ils peaufinent actuellement leur stratégie de communication, pour leur présentation devant le jury français, qui sera composé de professionnels de la Chimie, de la Communication et de l’Industrie entre autres. L’an dernier, c’est un pays de l’AEFE, la Tunisie qui avait remporté le premier prix. « Et cette année, nous avons nos chances, on y croit », disent Michaël et Roan. Pour cause, « nous sommes convaincus que la chimie d’aujourd’hui marque des points pour demain ».