C’est par une animation musicale au jardin Bijoux à Beau-Bassin que les enfants et animateurs du groupe Abaim ont remercié Shirin Aumeeruddy-Cziffra pour son engagement comme Ombudsperson for Children. Celle-ci quitte son poste officiellement hier après deux mandats. L’ancienne juge Vidya Narayen la remplace.
« Peut-être que nous aurions dû faire cette fête à la création du bureau de l’Ombudsperson for Children, tant c’était un événement important. Mais nous le faisons aujourd’hui (NdlR : hier) pour le départ de Shirin, pour dire que ce travail pour la protection des enfants doit continuer. » Marousia Bouvery du groupe Abaim résume en ces termes l’importance du bureau de l’Ombudsperson for Children, unique dans cette partie du monde, et l’excellent parcours de Shirin Aumeeruddy-Cziffra.
Comme le groupe Abaim, d’autres partenaires ayant travaillé pendant des années à la protection de l’enfant, ont tenu à être présents à ce rendez-vous. Parmi lesquels, Rajen Jugnarain de SOS Village, Cécile Masson d’IBL Foundation et Cyril Dalais, représentant de l’Unicef à Maurice. Tous ont rendu un vibrant hommage à Shirin Aumeeruddy-Cziffra pour son engagement personnel et son franc-parler.
Pour Cyril Dalais, la première Ombudsperson for Children quittera quatre empreintes de son passage : « Elle a su se mettre au-dessus de la mêlée ; elle a su mettre l’enfant au centre de toutes les préoccupations, qu’elles soient politiques, sociales ou autres ; elle a assuré jusqu’au bout la protection des enfants, malgré les critiques et aussi, elle a un franc-parler, tout en sachant dire “sorry”, lorsqu’elle se rend compte qu’elle est allée trop loin. »
Cécile Masson d’IBL Foundation se dit heureuse d’avoir rencontré une personne comme Shirin Aumeeruddy-Cziffra sur son chemin. « Quand je suis venue la voir il y a trois ans pour lui dire qu’IBL avait décidé de s’engager pour les enfants, j’ai reçu un grand accueil. Ensemble, nous avons pu développer des outils pédagogiques pour la protection des enfants. Personnellement, j’ai beaucoup appris de Shirin. Le pays a besoin de personnes comme elle pour la cause des droits humains. »
Rajen Jugnarain de SOS Village de Beau-Bassin fait lui ressortir que Shirin Aumeeruddy-Cziffra a laissé une empreinte qu’il sera très difficile d’effacer. « Grâce à elle, tous les enfants connaissent aujourd’hui leurs droits et les adultes en sont plus conscients. »
Devant autant de témoignages, Shirin Aumeeruddy-Cziffra se dit très touchée. « Cela fait huit ans que je travaille avec le groupe Abaim, j’ai vu ces enfants grandir. J’ai eu la chance de rencontrer des personnes comme Alain et Marousia, pour qui le travail social représente toute leur vie. »
Shirin Aumeeruddy-Cziffra se dit particulièrement émue par les mots de Cyril Dalais, avec lequel elle a beaucoup discuté avant de proposer la mise en place du bureau de l’Ombudsperson for Children.
Les enfants quant à eux ont chanté les succès du groupe Abaim, dont Ti Marmit, Labutik an tol ainsi que La honte, écrite après le meurtre de la petite Anita Jolita à Mahébourg.