L’Ombudsperson for Children Shirin Aumeeruddy-Cziffra s’est prononcée pour l’inclusion d’une clause pour interdire tout châtiment corporel sur les enfants dans le cadre de l’élaboration du nouveau Children’s Bill. C’était ce matin, à l’occasion de la présentation du huitième rapport annuel de son bureau à la municipalité de Port-Louis. Mme Aumeeruddy-Cziffra s’est longuement appesantie sur son rôle également et a annoncé son départ imminent de ce poste, après huit ans, son contrat ne lui permettant pas d’effectuer un troisième mandat de quatre ans.
L’Ombudsperson for Children a observé que malgré les dispositions de l’Éducation regulations de 1957 stipulant que « no corporal punishment shall be inflicted on any pupil in any school », de nombreux cas de violence sont régulièrement rapportés. Elle s’est longuement appesantie sur des enquêtes menées par son bureau, avec force détails, y compris sur des cas de violence perpétrés par des proches à la maison. D’où sa proposition d’inclure cette interdiction dans la nouvelle loi. Elle précise que dans des cas où des enfants, victimes de violence, décèdent, la question n’est pas de savoir si l’auteur de l’acte avait l’intention ou pas de le tuer. Selon elle, la violence commence par une petite baffe pour devenir de plus en plus importante.
Mme Cziffra a mis l’accent sur le travail de conscientisation effectué par son bureau et affirme que même après son départ, elle continuera à militer pour les droits des enfants.
Elle a aussi pointé du doigt la bureaucratie dans le secteur public qui fait que des dossiers tardent à avancer, mais aussi par moments, le travail non assidu de certains fonctionnaires ou médecins qui ne rapportent pas des cas de violence ou qui n’enquêtent pas comme il le faut. Selon elle, il faudrait des enquêtes de proximité et qu’un enfant soit entièrement consulté pour déterminer s’il est victime de violence. Elle affirme qu’il en va de la responsabilité de tout un chacun de s’assurer que les droits des enfants soient respectés. Elle a appelé le Children Development Unit à inviter les collectivités locales dans les working together committees.
Elle annonce avoir demandé officiellement au Premier ministre que l’Equal Opportunity Act (EOA) prenne en considération le milieu d’où est issue une personne, et d’y inclure officiellement dans son statut que le social origin n’est pas un critère de sélection pour toute personne à la recherche d’un emploi. Selon elle, ni le milieu social ni le niveau économique ne doit être discriminatoire. Elle indique que son rôle est de veiller à ce que les droits des enfants soient respectés directement et indirectement. La loi sur l’adoption a été un des sujets abordés. Elle estime qu’il faut au plus vite une loi permettant à des enfants d’être adoptés lorsqu’ils peuvent l’être, car beaucoup qui n’arrivent pas à être placés dans un foyer sont accueillis dans un abri temporaire, mais au final, ils y restent jusqu’à leur majorité, finissent par être formés à un emploi et même se marier.
Le rapport de l’Ombudsperson for children comprend neuf chapitres portant sur la pertinence même de ce poste ; sur la protection de l’enfant, la violence, l’éducation, la discipline à l’école, la convention des droits de l’enfant, Rodrigues et les campagnes et autres stratégies de sensibilisation mises en place par le bureau. Des cas sur lesquels le bureau a enquêtés figurent aussi dans le rapport rendu public ce matin.