Omnicane, entreprise cannière du sud de l’île, a initié il y a quelques mois déjà un projet de développement durable qui oeuvre dans la promotion du concept de durabilité au sein même de l’entreprise, mais aussi à former ses employés à l’agriculture biologique. Un jardin potager a ainsi été créé sur une superficie d’un demi-arpent de terre à Britannia où des employés viennent apprendre les techniques de l’agriculture biologique. Ce projet sera étendu, dans un deuxième temps, à la communauté qui vit aux alentours.
Cette démarche suit la réforme sucrière qui avait amené une baisse du prix du sucre de l’ordre de 36 %, il y a quelques années, sur le marché européen avec un très grand impact sur la rentabilité de l’industrie sucrière mauricienne. Elle s’inscrit en outre dans le cadre de la transformation de l’industrie sucrière mauricienne en une industrie cannière dans le but de valoriser toutes les ressources disponibles dans le domaine. C’est ainsi qu’Omnicane a créé un « Sustainability Dept » dont le but est de promouvoir le développement durable dans les activités et autres opérations de l’entreprise. « Durant nos discussions sur cette question, nous avons jugé utile de désigner des Green Leaders en faisant appel aux employés qui seraient intéressés par le développement durable. Une trentaine d’entre eux venant de toutes les entités de l’entreprise ont répondu à l’appel », déclare Chitra Beekoo, Quality and Environment Coordinator au sein de l’entreprise.
Ces Green Leaders se réunissent régulièrement pour discuter des problèmes liés au développement durable et c’est durant ces discussions qu’ils ont décidé de créer un jardin bio pour les employés où ces derniers pourraient apprendre les techniques de l’agriculture bio. « Nous avons obtenu le soutien de la direction de l’entreprise qui nous a aidés à réaliser notre projet en nous offrant un terrain d’une superficie d’un demi-arpent à Britannia, où le climat est propice à l’agriculture », dit-elle.
Pourquoi l’agriculture bio ? « Parce que nous avons trouvé qu’on dépend trop des produits chimiques, pesticides et autres fertilisants, dans la production agricole et qu’il fallait encourager les employés à utiliser les ressources naturelles qui sont disponibles pour produire de bons légumes sains », répond Chitra Beekoo. Le Mouvement Autosuffisance Alimentaire (MAA) est venu à l’aide des Green Leaders en leur offrant une formation à l’agriculture bio. Dans un premier temps, l’équipe a travaillé une partie du terrain où elle a cultivé des légumes tels le petsaï, la laitue et autres brèdes sans l’apport des produits chimiques. « Nous n’avons utilisé que du compost fabriqué à partir des déchets disponibles à l’usine. Nous nous sommes aussi engagés dans les bonnes pratiques bio, telles le mulching pour prévenir la pousse des mauvaises herbes. Nous appliquons aussi le principe de mixed-crop gardening qui consiste à cultiver diverses variétés de légumes l’un à côté de l’autre », fait-elle ressortir. Ce qui leur a donné une certaine quantité de légumes que le groupe a partagés avec les autres employés de l’entreprise et avec des habitants de la région.
Les Green Leaders ainsi formés poursuivent leur expérience chez eux dans leur arrière-cour, où certains ont aménagé un petit coin pour la culture de légumes. D’autres cultivent dans des pots sur leur terrasse. « Nous pratiquons ainsi ce que nous avons appris ici », lâche Yash Jahazeea, autre Green Leader. Parmanand Sydamah, également membre de l’équipe, ajoute avoir observé que les produits bio, à l’instar du cotomili, se conservent plus longtemps au réfrigérateur. « Enn ti bout later ase sa, pa bizin gran terin pou fer enn ti zardin bio », explique-t-il.
Dans un deuxième temps, durant l’année qui arrive, les habitants de la région vont être impliqués dans ce projet qui deviendra une ferme modèle où ils viendront apprendre les techniques de l’agriculture bio pour ensuite aller les appliquer chez eux.