Elle lui plaît beaucoup. Il voudrait partager des moments en sa compagnie au sortir du confinement. Sauf qu’elle a d’autre priorités, ou plutôt de terribles incertitudes. Il ne comprend toujours pas. Rien de pire qu’une personne qui insiste. Qui ne comprend pas qu’on n’est PAS intéressé ! C’est assez lourdingue à la fin, surtout lorsqu’on est « assigné à résidence. » La vie dans tous les cas ne sera plus comme avant. Et la mort qui rode autour…

Il ne comprend toujours pas, et focalise sur une histoire avec elle. Elle sait que c’est dans la nature humaine que de désirer ce que l’on n’a pas, de courir après ce qui nous file entre les doigts. Cette impossibilité de posséder nous rend la personne ou la chose encore plus désirable. That’s life darl’ ! Aussi cruel que cela  puisse être. C’est un petit jeu aussi vieux que le monde. Un jeu de séduction entre les mecs et les nanas. Depuis la nuit des temps.

Ce « je t’aime-moi non plus » fait tourner la tête et chavire les cœurs. A rien ne sert d’aimer si cet amour n’est pas réciproque. Alors de grâce, lâchez l’affaire et passez votre petit bonhomme de chemin… le long du désespoir bleuté de la rue solitaire. La vie continue malgré les tristesses. Et malgré la peur des lendemains incertains. Apprécions les petits bonheurs du quotidien et sachons nous en accommoder…. comme si nous devions mourir demain.

La présente situation pourrait durer sine die, nous condamnant (sans date arrêtée) à une réclusion à résidence. Une aide sera sans doute apportée à ceux ne pouvant pas télé-bosser de chez eux. Nous pouvons remercier (sans partisannerie) l’Etat pour sa gracieuse mansuétude. Zappons les théories complotistes circulant sur la toile. On finirait par ne plus avoir d’accords avec le pays du Sourire ; des Matins calmes et celui du Soleil levant… entre autres nations pollueuses frappées par le Virus.

Attendons voir comment la situation va se décanter. Nos vies auront changé à la suite  de cette peste appelée Corona fléau de Dieu. L’ordre du monde, déjà bouleversé, sera davantage chamboulé si les activités polluantes reprennent leur cours as usual et si aucune leçon n’est retenue face à une nature ravagée par l’activité humaine. Ayons l’humilité de demander pardon… pa pou refer enkor.

Changeons de sujet. Pendant que nous pleurnichons honteusement, la télé-surveillance prend ses marques « pour mieux te protéger mon enfant. » Autant que la reconnaissance faciale est faite « pour mieux reconnaître ta petite gueule d’amour dans la foule et dans la base de données où tu as laissé tes empreintes. »

Big Brother vous regarde désormais de plus près. Vos empreintes digitales sont stockées et on peut vous suivre, à la trace, grâce à votre Smartphone. Soyez sans crainte. On veille sur vous; on vous surveille… pour votre propre sécurité. Et cette surveillance ne servira évidemment jamais des visées sécuritaires d’espionnage… Le cas échéant, ce serait pour notre propre bien. What else ?

Pendant ce temps, les enfants télé-apprennent leurs leçons. Certains télé-fréquentent par visiophone ou « font l’amour » via ce même procédé. Chacun dans son coin, ils essaient de jouir ensemble en pensée, se faire du bien pour oublier. D’autres songent à se faire livrer une bouffe ou des aliments télécommandés. Que dire de ce nouveau mode de vie, si ce n’est : vive  la télécommunication. Vous ne pouvez pas vous en passer. Votre vie a belle et bien changé. Bienvenus dans le cyberfutur. C’est dès à présent que ça se joue.

Vous ressentez une sorte de malaise à la fois physique et psychique, né du sentiment de danger imminent, une crainte diffuse qui parfois vous pousse jusqu’à la panique. Vous vous posez des questions sur l’existence et vous vous demandez si vous ne devriez pas vous tourner vers Dieu ? En vérité je vous le dis : le royaume des cieux vous est grand ouvert. N’ayez pas peur pauvres terriens en détresse. Vous allez tous mûrir après le passage de Corona.