Le jardin du Baz’Art a vibré au son de la sixième édition du One Man Show’z samedi soir. L’occasion était pour les habitués de cet événement phare signé Mouv, de profiter d’un agréable moment de musique dans une ambiance et cadre sympathiques. Ce, malgré un sentiment d’essoufflement qui se fait sentir par rapport au concept imaginé par Damien Bathurst, Roberto Reine de Carthage et les autres membres de MOUV, qui avait séduit lors des premières éditions.
Si on a l’impression que le One Man Show’z de Mouv n’accroche plus, c’est tout d’abord parce que l’événement musical n’attire plus la même foule qui l’avait envahi lors des premiers rendez-vous. Il y a aussi le fait que le plateau d’artistes proposé sur la scène principale est jugé comme étant moins puissant qu’au lancement du projet en 2014. Pour rappel, le premier One Man Show’z avait cassé la baraque avec les connus et appréciés Damien Elisa, Eric Triton, Zulu, Lionel Permal et le Réunionnais Pascal Manglou. Or aujourd’hui, le show se permet de présenter sur le main stage des artistes qui sont peu connus des Mauriciens, pour favoriser la découverte. Ce qui crée alors un certain désintérêt de la part de l’assistance durant les premières heures qui accueillent habituellement les débutants.
On remarque surtout que le public vient principalement pour les têtes d’affiches. Ce n’est qu’à leur passage sur scène que l’on peut apprécier l’échange et l’interaction entre le performeur et son assistance. Si par exemple, le talent de la chanteuse et pianiste Stéphanie Tobie — la première à monter sur scène — est passé un peu inaperçu malgré une bonne prestation composée de reprises d’Alicia Keys et de The Police, par contre, le retour de Nicolas Larché sur la scène locale a séduit quelques-uns. Plus apprécié et écouté que ses précédents, la voix de La Foule, Nitin Duva-Pentiah, a transmis l’émotion sur Freedom Coast. Certainement l’une des têtes les plus attendues à Beau Vallon samedi, Steeve Laridain de Fusional Mind a redonné vie au public du Baz’Art, qui s’était un peu endormi durant la pause d’une trentaine de minutes qui sépare chaque prestation.
Sur le titre phare de son groupe, La Mizik ou encore sur Another Brick in The Wall de Pink Floyd, accompagné de sa guitare et de son cajon, la voix de Steeve Laridain a parfois mené à une réflexion sur notre société et a aussi fait rigoler. Aux alentours d’une heure du matin, alors qu’une brise légère se faisait sentir dans le jardin du Baz’Art et que la température commençait à tomber, une chaleur artistique a envahi l’espace. Installé derrière son clavier, l’homme et l’artiste de la soirée, Murvin Clélie, fait glisser ses doigts sur son instrument et lance les premières notes. Tout le long de sa prestation, principalement sur ses tubes, tels que Mama Plorer, le chanteur a emporté le public dans un voyage musical rempli d’émotion.
Même si le concept du One Man Show’z mériterait d’être revu pour les prochaines éditions, afin d’apporter une nouvelle fraîcheur à l’événement, le talent des performeurs de la sixième édition du rendez-vous musical est à saluer.