Une semaine après l’électrochoc ressenti avec l’écroulement de l’empire Rawat surévalué par des experts-comptables dans les livres de comptes à Rs 37 milliards, les quelque 24 000 investisseurs dans le Super Cash Back Gold refusent de baisser les bras. Au fil des années, ils ont contribué dans les fonds du groupe BAI la somme astronomique de Rs 21,6 milliards. Ils n’acceptent pas le fait que ces efforts consentis pendant toute une vie professionnelle pour assurer leur avenir soient effacés d’un trait de plume.
Tous ne sont pas des adeptes des opérations de blanchiment de fonds (Money Launderers). Ils se présentent comme de simples citoyens en fin de carrière et qui ont cru investir leurs compensations et autres VRS. Certes, il y a également des Mauriciens à l’étranger et des ressortissants étrangers à Maurice, comme ce ressortissant français ayant perdu du jour au lendemain Rs 16 millions de ses économies.
Devant le désarroi d’avoir tout perdu et les accusations de cupidité, ils ont preuve de timidité pour se montrer publiquement. Mais avec l’absence de considérations des autorités devant leur situation, ils ont décidé de se faire entendre, de laisser parler leur douleur. Parfois à travers les nombreux courriers reçus à la rédaction du Mauricien, sous formes de témoignages à la presse ou encore lors de la réunion des victimes du système Rawat à l’hôtel Saint-Georges, hier.
Un leitmotiv, un véritable cri de désespoir, qui revient invariablement : « Nous sommes en fait des retraités de la fonction publique, des bénéficiaires de VRS ou encore de simples Mauriciens voulant mettre à l’abri les économies de toute une vie ». Ils ajoutent que « beaucoup parmi nous se sont laissés berner par des agents trop zélés et accrédités de la BAI ».
Tous récusent avec force les accusations ayant trait à l’appât du gain collées à leurs dos dès l’éclatement de ce scandale. « Nous dénonçons avec force cette thèse, qui fait développer le sentiment que tous les détenteurs de polices d’assurance sous le Super Cash Back Gold n’ont fait que prendre des risques avec leurs économies et doivent aujourd’hui assumer leurs responsabilités. Mais les autorités oublient que les taux d’intérêt à l’épargne ne sont nullement rémunérateurs », soutiennent-ils.
Plus loin, ils disent ne pas comprendre l’indifférence des autorités face à leur angoisse. « Contrairement à ce que veulent faire croire les autorités, la menace d’une grave crise sociale est toujours présente en dépit des déclarations du ministre des Finances. La gronde se fait toujours entendre dans le milieu des anciens employés de l’industrie sucrière, des petits épargnants et des autres victimes de cette arnaque », ajoutent-ils en confirmant leur détermination d’aller jusqu’au bout
« Si dans les jours qui suivent, les Curators de la BAI Insurance et les Receivers de la Bramer continuent à faire la sourde oreille à nos cris de désespoir, nous allons descendre dans la rue, notamment à Port-Louis pour manifester. Nous sommes quelque 24 000 victimes et des membres de nos familles », menacent-ils.
De son côté, Salim Muthy, qui en avait pris pour son grade devant le Prime Minister’s Office le vendredi précédent, est revenu à la charge. Il a regroupé une centaine de victimes de la BAI Insurance et annonce une nouvelle réunion en prévision d’une manifestation de rue en début de semaine.