Mangily – 35 kilomètres au nord de Tuléar (Madagascar). Les couchers de soleil sur?le canal du Mozambique sont à couper le souffle… de majesté. La nuit se déploie à Mangily, petit village traversé par la piste sablonneuse le long des dunes typiques du pays des Vezo pêcheurs nomades. Plongée dans la nuit, Mangily est éclairée en alternance par les phares des 4×4 transitant, de même que les taxis brousse soulevant des nuages de poussière même en?ralentissant. Quelques rares échoppes, ornées de lampions, donnent à la?localité un cachet quelque peu fantomatique mais bien vivant.
A 50 mètres de la côte, un chapelet d’établissements hôteliers, pieds dans l’eau, ont vu le jour depuis les années 1990. La place a connu un boom touristique stoppé depuis les évènements de 2009 mais qui entretemps a bouleversé le mode de?vie et la texture sociale traditionnels …
Le cycle Vasa (visiteur étranger) et ses corollaires de fric facile, voire de tourisme sexuel, y sont désormais une réalité qui paraissait il y a peu une fatalité. Toutefois,?plus qu’une lueur illumine désormais la vie de Mangily. Elle se trouve de l’autre côté de la route, côté forêt de baobabs dont l’imposante stature semble soutenir son concept:  une alternative s’articulant autour d’une approche intégrée responsable et solidaire, ses animateurs entre autres?Catalina, colombienne de naissance, et Jerome, lui-même français d’origine,?se consacrent à une équipe dédiée et surtout qui y croit.  Cette détermination?scintille telle une Etoile d’Espérance. Elle s’emploie au quotidien à modeler un terreau d’avenir. Cette expérience a pour nom l’Hôtel Solidaire de Mangily,  HYPERLINK « http://www.hotelsolidaire.org » \t « _blank » www.hotelsolidaire.org, une appellation qui interpelle et suscite l’intérêt de l’internaute alternatif. La visite s’impose et vaut le?détour, exemple à suivre et  apprécier sans modération.??Initiative de l’ONG Bel Avenir, Organisation majeure dans le développement?du Sud de Madagascar, la fondation Agua de Coco avec ses partenaires ont?financé la construction de l’Hôtel Solidaire Mangily. Ici tout est local, les matériaux, le savoir-faire, les produits bio. L’hôtel jouxte un centre pédagogique qui accueille toute l’année plus de 4000 enfants venant des?écoles publiques de Tuléar pour des cycles de classes vertes et bleues, encadrés par des animateurs locaux mais aussi souvent assistés par des volontaires du monde entier venus s’imprégner de l’expérience de?développement solidaire et intègre. L’hôtel est géré par QUIA Développement?Madagascar qui reverse 100 % de ses revenus à la fondation Agua de Coco afin?de financer les actions de Bel Avenir. En plus de ses activités à Fianarantsoa en pays Betsileo , l’ONG a étendu ses actions à Tuléar et Mangily. Le projet implique une action de reforestation et de préservation de l’environnement. L’hôtel et le centre d’activités sont le principal employeur de la localité. Afin d’avoir un impact réel au sein de la population des villages avoisinants, l’établissement a intégré et mis sur?pied une école hôtelière de qualité afin de former les jeunes aux différents?métiers de l’hôtellerie et à l’éco tourisme. Un programme de placement des?élèves dans les autres hôtels de la région leur permet de trouver un emploi.?L’hôtel propose une dizaine de bungalows confortables joliment décorés et?alimentés en énergie photovoltaïque. Les résidents peuvent participer aux?«activités solidaires»: accompagner les classes de découverte à travers la?mangrove ou la forêt de baobabs, participer aux différents ateliers de valorisation des produits locaux. L’ONG demeure centrée sur son programme d’éducation de base.?Créée en 2003 par José Luis Guirao un vétérinaire espagnol et son épouse malgache Hélène Volanjary Madio, Bel Avenir s’est adjoint des personnes sensibles à la situation de pauvreté de Madagascar. L’équipe sur le terrain déploie un programme défini par rapport à la fois aux besoins de la population locale et aux objectifs du millénaire en faveur du?développement. L’ONG compte plus de 130 salariés responsables de l’animation?du programme sur les différents sites à Madagascar. 52 % des salariés sont?des femmes. L’équipe composée à 95 % de malgaches est renforcée par des bénévoles du monde entier sur des tâches bien spécifiques.?
Intégration à travers l’éducation, le social, la santé et l’environnement??
Bel Avenir a redéfini le cadre de son action en revenant à un programme d’Education de Base à 4 volets : un volet éducatif dont l’objectif général est de permettre l’accès à tous les enfants à une éducation de qualité axée sur deux problématiques spécifiques du Sud de Madagascar : faible taux?de scolarisation des enfants des familles démunies (1 enfant sur 3 non scolarisé), fort taux d’abandon scolaire durant les cycles primaire et secondaire (> 80 %). Il est question de permettre l’amélioration des conditions de vie des populations démunies marquées par le constat où 80 %?des familles vivent sous le seuil de pauvreté et d’un grand nombre d’enfants?et d’adolescents de familles démunies subissant  malnutrition, absence?d’identité, non scolarisation et grossesses précoces…??L’objectif de Bel avenir consiste aussi à permettre l’accès aux soins de base?aux familles défavorisées pour des raisons financières, d’éducation et de méconnaissance. Le volet environnement contribue à éduquer et informer sur?la nécessité de respecter et de préserver les?écosystèmes à travers des actions de sensibilisation contre la déforestation dans le sud de Madagascar ainsi que l’utilisation de techniques agricoles et pastorales peu productives et l’insécurité alimentaire.
L’Hôtel Solidaire de Mangily, à n’en point douter, un exemple à suivre pour assurer un bel avenir aux générations futures car l’intégration et le développement durable se façonnent et se consolident d’abord à la base par l’inclusion et la responsabilisation…?