Une malvoyante trentenaire employée au sein d’une ONG s’est plainte à deux reprises officiellement au ministère de la Sécurité sociale, par voie de courrier, du « comportement déplacé » du président du conseil d’administration de cette même organisation non-gouvernementale. Elle l’accuse de harcèlement sexuel et de discrimination, soutenant que dans le milieu, « il est connu pour ses frasques et n’en est pas à son premier méfait ». La jeune femme a expédié deux lettres à la ministre de la Sécurité sociale, sollicitant une intervention de Sheila Bappoo en sa faveur, d’autant que l’accusé siège sur différents conseils d’administration tombant sous la responsabilité de ce ministère.
Cela fait environ deux mois que perdurerait cette situation, devenue intenable pour la jeune malvoyante. Cette trentenaire qui a pris de l’emploi au sein de cette ONG dit vivre « un véritable calvaire jour après jour. C’est une pression quotidienne et je ne sais pas si je vais pouvoir tenir le coup ! » Désabusée, car elle ne s’attendait nullement à ce qu’il y ait « de tels problèmes dans une ONG qui dit promouvoir les valeurs des handicapés et prendre leur défense », la jeune femme explique être « effondrée, accablée par ce traitement abusif de la part du président du conseil d’administration ».
Dans sa première lettre à Sheila Bappoo, elle fait état de « comportement indécent de la part du président du board » et de « propos et gestes déplacés » à son égard. Elle soutient également que « le président du conseil d’administration abuse de sa position pour exercer son pouvoir sur ma personne ».
« Parce que j’ai refusé de céder à ses avances, il n’a pas hésité à réagir. J’ai ainsi été victime de discrimination sur mon lieu de travail. Par exemple, il m’a enlevé mon allocation de transport… Il prend ces actions dans le but de me punir parce que je refuse ses constantes avances ».
C’est ainsi qu’elle a déposé une deuxième lettre au ministère de la Sécurité sociale, sollicitant de Sheila Bappoo « une intervention dans cette affaire, parce que c’est intolérable qu’une femme, malvoyante de surcroît, subisse un tel traitement ». L’affaire, selon nos informations, a été confiée au chef de cabinet de Mme Bappoo.
Entretemps, dans le milieu, cette affaire relance les accusations contre ce président de conseil d’administration qui, pour d’aucuns, « ne rate pas une occasion de faire des frasques ! Outre d’avoir des antécédents du même genre — harcèlement et discrimination — il est aussi connu pour avoir abusé de sa position à une époque où il siégeait à un conseil municipal ».
Ces observateurs font ressortir que « cet homme siège aussi sur divers autres conseils d’administration sous la férule de la Sécurité sociale. Nous espérons de tout coeur que la ministre, qui rappelle souvent qu’elle milite pour une société inclusive, prendra les mesures correctives nécessaires dans cette affaire et qu’elle ira jusqu’au bout ! » Car, insistent-ils, « si la loi fait état de harcèlement sexuel quand un homme a des mots et gestes déplacés envers une femme, cette même loi doit s’appliquer ici. Nous ne souhaitons pas entendre dire que “parce qu’il s’agit d’une personne handicapée”, elle s’en sorte avec moins de peine qu’un justiciable ordinaire ! Ce serait fortement injuste et un mauvais signal ! »