Dans une publication parue en octobre dernier, à l’initiative de Marta Santos Pais, représentante spéciale du Secrétaire général de l’Onu et chargée de la question de la violence à l’encontre des enfants, l’ancienne Ombudsperson for Children (OC), Shirin Aumeeruddy-Cziffra, partage l’expérience de Maurice en matière de lutte contre ce type de violence. Intitulé “Celebrating Childhood : A journey to end violence against children”, le livre rassemble le témoignage de l’ancienne OC, ceux de leaders, de défendeurs des droits des enfants, d’académiciens et d’artistes ayant démontré leur ferme engagement pour bâtir un monde meilleur pour les enfants.  
En 2002, la résolution 56/138 de l’Assemblée générale de l’Onu priait le secrétaire général de faire réaliser une étude approfondie sur la question de la violence à l’encontre des enfants, suivant ainsi une recommandation du Comité des droits de l’enfant. Sur une invitation de Kofi Annan, alors secrétaire général de l’Onu, Shirin Cziffra, OC entre 2004 et 2006, a participé à cette étude mondiale approfondie. Le 1er mai 2009, le nouveau secrétaire général, Ban Ki-moon a nommé Marta Santos Pais, du Portugal, représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question de violence envers les enfants. En octobre dernier, celle-ci a ainsi lancé un livre dans lequel figure le témoignage de Shirin Cziffra. Le livre peut être consulté sur internet (srsg.violenceagainstchildren.org/page/1585). L’expérience de Shirin Cziffra paraît à partir de la page 39. Selon elle, dix ans après cette étude, cette initiative constitue « un moyen excellent » pour mobiliser davantage de personnes autour de la question de tolérance zéro contre la violence. Elle y souligne à quel point l’étude a eu un « impact positif » sur l’île Maurice. La première recommandation était de renforcer l’engagement et les actions au niveau national.
Parmi ses actions en tant qu’OC, à l’époque, partage-t-elle dans la publication, figure une campagne nationale pour tenir informés tous ceux concernés par les droits des enfants des sujets de discussions au niveau de l’Editorial Board de cette étude des Nations Unies. « Many of those who were approached signed a pledge to do their best to prevent violence against children », dit-elle. Elle rappelle qu’un réseau d’adolescents, appelé « Budi’s Friends », a été mis sur pied dans le cadre d’une campagne de sensibilisation et que des publicités dans ce contexte ont positivement influencé les parents et les enfants concernant les “do’s and don’ts” à propos de la violence physique et sexuelle. Les enfants étaient encouragés à dire non à la violence et à rapporter les cas de violence à l’OC.
De même, un Educational Carnival, organisé par le bureau de l’OC à l’époque, avait relevé que « la peur et la honte » faisaient que la violence était souvent invisible. « Victims feel that there is a great deal of stigmatisation around violence against children, especially in a small country like ours (…) The campaign gave rise to innumerable cases being reported. » Une étude locale a aussi été menée sur la manière dont les Ong géraient les divers aspects de la violence et avait permis de reconnaître l’excellent travail des Ong. Pour Shirin Cziffra, « there is a lot more that can be done in this part of the world. The new High Time initiative could be an occasion to renew the campaign throughout the islands of the Indian Ocean ».