Le ministre des Affaires étrangères, qui participe actuellement à la troisième conférence internationale de l’ONU sur le financement et le développement, a fait mardi un vibrant plaidoyer sur l’importance des mesures de soutien aux Petits États insulaires en développement (PEID). Tenant en compte la multiplication des plans d’accès au développement, Étienne Sinatambou a demandé que les mécanismes de mise en oeuvre soient consolidés de manière à les rendre plus cohérents pour une action plus effective.
Cette réunion internationale a pour difficile mission de tirer le bilan de l’engagement pris par les pays développés de consacrer 0,7 % de leur Revenu national brut (RNB) au développement. En effet, en 2002, les pays développés avaient réitéré leur promesse de consacrer, d’ici 2015, 0,7 % de leur RNB à l’aide publique au développement. Un engagement que la plupart n’ont pas réussi à tenir.
Selon Étienne Sinatambou, cette conférence représente une déclaration d’espoir pour le monde entier dans le cadre de l’ambitieux agenda du développement de l’après 2015 et a pour objectifs ultimes d’éradiquer la pauvreté et d’affronter les défis du développement dans le monde.
Lors de son allocution devant l’assemblée plénière mardi, Étienne Sinatambou a mis l’accent sur trois thématiques : 1) la question de financement et le flux de capitaux illicites ; 2) l’aide au développement pour les PEID ; et 3) les mécanismes de mise en oeuvre des plans d’action adoptés dans divers forums multilatéraux.
Le ministre mauricien a d’emblée expliqué que la problématique des financements et le flux de capitaux illicites ont un impact négatif sur la bonne gouvernance et le développement économique des États. Il a affirmé que Maurice soutiendra tout effort cohérent qui aura pour but de combattre le fléau du financement illicite. Évoquant les difficultés auxquelles font face les PEID, le ministre des Affaires étrangères a constaté que, malgré tous les efforts consentis sur le plan national, ces États continuent à faire face à des défis qu’ils n’arriveront pas à surmonter sans le soutien de la communauté internationale. Par conséquent, il a lancé un appel fort pour qu’une importance particulière soit accordée aux PEID dans les mesures de soutien qui devront être prises dans le cadre du financement du développement.
Étienne Sinatambou a aussi souligné le manque de cohérence entre les nombreux plans d’accès au développement. Il a demandé que les mécanismes de mise en oeuvre soient consolidés de manière à les rendre plus cohérents pour une action plus effective. De plus, au vu des défis énormes auxquels sont confrontés la majorité des pays en voie de développement, le ministre mauricien a lancé un appel pour que la conférence adopte trois mécanismes qui changeront le paradigme d’aide au développement, à savoir un pour le financement, un pour le transfert des technologies et enfin un mécanisme pour la formation.
L’Aide publique au Développement mondiale a atteint le record de 135 milliards de dollars en 2014 et selon certains observateurs elle est appelée à baisser. « L’aide publique au développement est la plus élevée jamais atteinte », a rappelé Angel Gurria, le secrétaire général de l’OCDE. « Mais cette hausse cache le problème de la chute de l’APD à destination des pays les moins développés, c’est un paradoxe », a-t-il regretté. « Notre objectif à Addis est de réorienter les flux vers ces pays ».
Pour Annick Girardin, la secrétaire d’État française au Développement qui participe à la conférence, « ce qui se joue depuis deux jours, c’est comment le monde de demain sera financé ». « Comment éradiquer la pauvreté et en même temps lutter contre le dérèglement climatique. On ne parle plus seulement de l’aide publique au développement qui reste centrale. L’Europe a rappelé son engagement en versant 0,7 % de son PIB aux pays en développement », a-t-elle observé.
Étienne Sinatambou devait également participer hier à une réunion de concertation des ministres de l’Organisation internationale de la Francophonie (l’OIF) et à une réunion du Groupe des 77 + la Chine pour l’adoption d’une position commune sur le Projet de Document final de la Conférence qui prend fin aujourd’hui.