La soprano mauricienne, Natacha Constantin, devrait incarner Aïda en mars 2012 sur une scène de la ville de Grenoble. Cet opéra sera monté sous la direction de Raphaëlle Cambray pour la mise en scène, ainsi que du chef d’orchestre Patrick Souillot. La chanteuse, qui nous a fait cette confidence, a aussi fait ses premiers pas en Italie récemment, au Centre de Musique Romantique Française, qui se trouve au palazetto Bru Zane, à Venise.
Le centre de musique romantique française de Venise a organisé un festival du 12 avril au 5 juin consacré à cette période qui va du Second Empire à la troisième République française. Le récital auquel Natacha Constantin a participé dans ce contexte était consacré à des oeuvres d’Édouard Lalo, d’Auguste Mermet et de Victorin de Joncières. Le pianiste Stephan Jamin accompagnait les voix, qui était assurées, outre notre compatriote, par la mezzo soprano Jennifer Borghi, et le tenor Valério Contaldo.
Natacha Finette Constantin a ainsi été Rozenn dans le Roi d’Ys (Lalo), Marina pour les extraits de Dimitri (de Joncières), et Saïda dans Roland à Roncevaux (Mermet). Les artistes ont conclu ce festival le 5 juin dernier, un événement qui a notamment pour vocation de faire découvrir des oeuvres musicales ou lyriques de la période romantique, tombées en désuétude.
En mars 2012, notre compatriote passera au très gros morceau de l’art lyrique qu’est l’opéra Aïda, et qui plus est dans le rôle titre, qui s’avère particulièrement exigeant. La jeune chanteuse passera donc des ambiances gitanes de Carmen l’an dernier à Maurice, aux fastes de l’Antiquité égyptienne et des Pharaons. Sur le plan lyrique, Aïda fait partie des rêves des soprano qui tentent ainsi de prendre la relève de chanteuses, telle que Maria Callas ou Montserrat Caballé.
Cette oeuvre de Giuseppe Verdi a, à l’époque de sa création, été présentée à l’Opéra du Caire. Située à Memphis et Thèbes, le livret fait le récit riche en péripéties d’une intrigue amoureuse entre une esclave éthiopienne et l’officier égyptien, Radamès. Le partenaire de Natacha Constantin dans ce rôle, sera Rémi Poulakis.
À l’époque des Pharaons
Aïda est au service d’Amneris, interprétée par une voix de mezzo soprano, qui apparaît dès la première scène. Elle est aussi sa rivale, puisque sa main sera proposée à Radamès à l’acte III. Amnéris, qui devrait être interprétée par Marie Gautrot l’année prochaine, n’est autre que la fille du roi d’Égypte (Jean Loup Pagesy, voix de basse). Le roi d’Éthiopie, Amonasro, devrait être interprété par Franck Martinelli.
La grande prêtresse sera Rachel Barthélémy, Ramphis le grand prêtre qui envoie Radames en campagne contre les Éthiopiens, sera Tulona Gumus. Sans aller plus loin dans l’énumération de la distribution de ce spectacle qui en est à sa phase préparatoire, il faut souligner que ce projet peut représenter une étape clé dans la carrière musicale de notre compatriote en Europe.
La salle qui accueillera cet opéra, le Summum, est un complexe événementiel, où sont montées toutes sortes de spectacles musicaux. Pour la petite histoire, on a longtemps raconté et il se raconte encore que Verdi avait composé Aïda pour l’inauguration du Théâtre d’Opéra du Caire et l’ouverture du Canal de Suez, alors qu’il a commencé à l’écrire quelques mois après ces événements. Il s’est basé sur une histoire que lui avait transmise une égyptologue française au service du khedive de l’époque. La première représentation a été donnée en décembre 1871 au Caire.