Serbia's Novak Djokovic (R) shakes hands with Switzerland's Roger Federer at the end of their men's singles semi-final match on day eleven of the Australian Open tennis tournament in Melbourne on January 30, 2020. (Photo by Greg Wood / AFP) / IMAGE RESTRICTED TO EDITORIAL USE - STRICTLY NO COMMERCIAL USE

La loi du plus fort a encore parlé à Melbourne. Novak Djokovic, malgré un début de rencontre chaotique, a logiquement dominé Roger Federer hier en demi-finale (7-6, 6-4, 6-3). Le Suisse pourra regretter ses occasions manquées de la première manche, mais il n’avait sans doute pas les moyens de tenir la distance. Djokovic disputera dimanche sa 8e finale australienne.

Il n’est plus qu’à trois sets du tournoi (presque) parfait. Depuis son entrée en lice sinusoïdale contre JanLennard Struff, Novak Djokovic a considérablement serré le jeu et n’a plus abandonné la moindre manche. Dimanche, il sera donc, comme attendu, en finale à Melbourne où il espère bien défendre son titre. Mais cette demi-finale face à l’un de ses grands rivaux, Roger Federer, n’a pas été le long fleuve tranquille que pourrait laisser supposer le score. Le Suisse, dont la présence sur le court a longtemps été mise en doute, n’a pas offert le match sur un plateau au Serbe, loin s’en faut. Fatigué par ses combats précédents et touché à l’adducteur droit, le Bâlois a d’entrée été mis sous pression sur son service. Mais après avoir tenu son premier jeu, il a adopté une tactique ultra-offensive qui a dérouté un temps son adversaire. Il a ainsi commencé par deux breaks d’affilée, concédant lui-même son service entretemps, pour mener 4-1. Puis, il s’est retrouvé à 0/40 sur le jeu suivant, obtenant donc trois occasions de “tuer” ce premier set. Sur la troisième, Federer a expédié une attaque de coup droit dans le bas du filet, une opportunité qu’il allait regretter…

Djokovic a déroulé

Car Djokovic s’est progressivement calmé et s’est attaché à faire jouer le plus possible son adversaire. A 5-3 contre lui, le Serbe a tout remis dans le court et le Suisse a moins bien servi. La sanction fut immédiate : débreak blanc pour un Djokovic totalement relancé. Et malgré 26 coups gagnants en une seule manche, Federer a fini par baisser pavillon, totalement inexistant dans un tie-break à sens unique remporté 7 points à 1 par son rival.

Une fois devant, le septuple champion à Melbourne n’a plus desserré son étreinte. Beaucoup plus relâché et sûr de lui, il n’a plus concédé la moindre balle de break, servant un très haut pourcentage de premières balles (73 %). Constamment sous pression, Federer, qui s’est encore fait soigner à l’extérieur du court après le premier set, a résisté comme il a pu. Au courage et avec encore quelques fulgurances, il a tenu jusqu’à 4-4 dans le deuxième acte avant de céder.

Intelligent, Djokovic l’a emmené autant que possible dans la filière longue pour le faire céder. Le Serbe a achevé la bête blessée à 2-2 dans le troisième, se montrant de plus en plus précis, flirtant avec les lignes pour repousser un adversaire fatigué. S’il a frappé bien plus de coups gagnants que Djokovic (46 contre 31), Federer a aussi commis quasiment deux fois plus de fautes directes (35 contre 18).

La couverture du terrain exceptionnelle et la régularité du numéro 2 mondial ont logiquement payé. Chahuté d’abord, en totale maîtrise par la suite, Djokovic aura l’occasion dimanche de reprendre le trône du tennis mondial. Il laisse rarement filer ce genre d’opportunité.