Le Centre de recherche sur l’interculturel (CRI) de l’Open University of Mauritius devrait démarrer ses activités de formation et de recherche à partir de janvier 2016. Issa Asgarally et le Dr Sukon, directeur général de l’Open University nous apprennent aussi que l’écrivain et Nobel de littérature Jean-Marie Le Clézio y donnera en personne le premier grand séminaire sur le sujet au second semestre 2016. Le CRI entend aussi organiser régulièrement des rencontres publiques notamment dans le cadre des centres culturels du pays.
À l’occasion de la First Graduation Ceremony de l’Open University (OU), et alors qu’il remettait le titre de Dr Honoris Causa au Nobel de littérature JMG Le Clézio, le Dr Kaviraj Sukon a annoncé le 8 juillet dernier, l’ouverture prochaine d’un Centre de recherche sur l’interculturel, le CRI. Créée en 2013 en lieu et place du Collège des Ondes, cette université d’enseignement à distance, ouverte à tous les âges, forme actuellement environ 4000 étudiants, dont une petite proportion d’Ouganda, du Botswana et du Mozambique. Elle propose 77 programmes d’enseignement dans des domaines très variés, auxquels pourront s’ajouter, à partir du mois de janvier, les formations et programmes de recherche du CRI.
Personne ressource sur ce projet, lui-même enseignant dans cet établissement, Issa Asgarally revient de la Réunion, où il a notamment finalisé certains points du curriculum qui va être mis en place en collaboration avec l’Université de la Réunion, avec l’anthropologue et maître de conférences en sciences de l’éducation, Thierry Malbert. D’autres liens pourront être établis avec par exemple le Pr Jagdish Gundara de l’Institute for Intercultural Studies, à l’Université de Londres, ou tout autre laboratoire de recherche ou universitaire spécialisé dans les questions interculturelles.
La Fondation pour l’Interculturel et la Paix qu’ont fondée JMG Le Clézio et Issa Asgarally à Maurice propose régulièrement des activités qu’il s’agisse d’actions auprès de la jeunesse ou du colloque international qu’elle a organisé en 2012 conjointement avec le MGI. Mais dans un souci de pérennité, Issa Asgarally et JMG Le Clézio sont particulièrement attachés à l’idée de voir une organisation préparer et prendre la relève de manière continue et durable sur ces questions.
Pour mettre le futur centre sur ses rails et indiquer la voie à suivre, Jean-Marie Le Clézio présentera son propre séminaire sur l’interculturel, dans la continuité de ceux qu’il a pu animer en Chine, à Nankin par exemple. Le Nobel de littérature pourrait ainsi offrir durant trois mois, probablement au cours du deuxième semestre 2016, deux heures d’intervention magistrale par semaine, données dans les locaux curepipiens de l’université dédiés à ce type d’interventions face aux étudiants. Ce séminaire sera ouvert prioritairement aux étudiants et chercheurs concernés par ces questions, ainsi par exemple qu’aux représentants des centres culturels à Maurice avec lesquels le CRI souhaite travailler, aux chargés de cours du MIE ainsi qu’au public en général.
Des modules et un diplôme
La formation à l’interculturalité se présentera dans un premier temps sous la forme de modules ciblés qui seront intégrés aux MBA habituels actuellement proposés par l’OU dans des domaines aussi variés que les sciences ou l’administration ainsi que dans le cadre du BA de français, d’anglais ou d’espagnol. Dans un second temps, un programme autonome donnera lieu à l’obtention d’un diplôme en formation interculturelle, très utile pour les diplomates ou hommes d’affaires qui sont amenés à oeuvrer dans différents pays, ainsi que dans le secteur social pour tout ce qui relève de la médiation interculturelle. Le diplôme, et le curriculum qui le précède, sont conçus en collaboration avec l’université de la Réunion mais Kaviraj Sukon nous précise qu’à terme, l’objectif est que le CRI devienne un centre d’excellence pour toute la région, qui sera donc amené à travailler avec ses différentes universités à La Réunion comme à Madagascar par exemple.
Les travaux marquants du centre donneront lieu à des publications imprimées, tandis que son site internet servira de plate-forme de liaison entre les chercheurs locaux et internationaux pour qu’ils puissent travailler ensemble. « L’intérêt de Maurice pour ce Centre de recherche sur l’interculturel, insiste Issa Asgarally, est de pouvoir réunir les mondes francophone et anglophone autour de ses activités. Le site internet mettra en relation des chercheurs du monde entier. Nous souhaitons aussi inciter et aider les chercheurs en interculturel à intégrer les résultats de leurs travaux dans les programmes pédagogiques à tous les niveaux. »
À côté de ses activités continues de formation et de recherche, le centre va développer un troisième volet d’activités que nos interlocuteurs appellent les rencontres interculturelles, pour que le centre ne reste pas dans une tour d’ivoire et qu’il établisse des liens avec le grand public et se fasse entendre dans la société. Dans cette optique, Issa Asgarally a d’ores et déjà contacté les directeurs des différents centres culturels pour leur proposer des activités ouvertes à toutes les communautés. Le même genre de démarche pourrait avoir lieu avec les speaking unions et le Conseil des Religions.