La première de la Traviata s’est conclue hier soir au Mahatma Gandhi Institute par des ovations marquées aux principaux solistes, particulièrement Véronique Zuël Bungaroo, Alexandru Badea et Markus Brück qui incarnent respectivement Violetta Fleury, Alfredo Germont et le père de ce dernier, Giorgio Germont.
L’émotion, l’attention et la tension étaient déjà tout à fait palpables lors du duo fait de nuances, d’alternance des sentiments et d’ambiguïté, entre Violetta et Giorgio Germont, quand ce dernier est venu lui demander de cesser de voir son fils.
Si les premiers tableaux délivrent les airs les plus célèbres de cet opéra qui compte parmi les plus joués depuis sa création par Verdi, l’oeuvre entière semble avoir su transcrire musicalement la moindre nuance de sentiment. Les sous-titres en français, qui n’ont d’ailleurs été diffusés sur écran qu’après l’entracte paraissent superflus, tant la musicalité et le talent de l’orchestre régional de La Réunion sous la baguette d’un Martin Wettges livré corps et âme à son oeuvre, savent en communiquer la teneur.
Le jeu des chanteurs, particulièrement du couple mythique de Violetta et Alfredo, donne chair à ce drame de l’amour avec une vivacité et un talent confondant de bonheur. Un beau spectacle !