Friends of the OperArts propose ce mois-ci un rendez-vous Wagner jeudi 17 mars, à 19 h 30, au MCiné de Trianon. Les mélomanes et amateurs d’arts lyriques pourront vivre une représentation du Tannhäuser dirigé par le maestro James Levine et mis en scène par Otto Schenk presque comme s’ils étaient au Metropolitan Opera de New York… La projection en système HD surround sur grand écran et surtout la façon dont ces spectacles sont filmés, parfois très près de la scène, et présentés à l’entracte par un commentateur renforce en effet l’illusion d’être sur place, pour un ticket et des frais de déplacement nettement moins élevés (Rs 500 l’entrée) !
Le cinquième opéra créé par Richard Wagner, Tannhäuser, serait fondé sur les deux légendes germaniques que sont la Guerre des chanteurs au château de la Wartburg et la Ballade de Tannhäuser. L’opposition entre amour sacré et amour profane ainsi que la rédemption par l’amour en sont les thèmes principaux. Il faut savoir aussi que le Minnesänger Tannhäuser est un personnage historique de la littérature allemande XIIIe siècle. Wolfram von Eschenbach était également un personnage historique de même que quelques rôles secondaires.
Pour cette création du MET, Tannhäuser est apparu sous les traits de du tenor wagnérien Johan Botha. La soprano Eva-Maria Westbroek est Élisabeth et la mezzo-soprano Michelle DeYoung, Vénus. Wolfram est interprété par le baryton Peter Mattei et Langrave Hermann par la basse Günther Groissböck. Ce grand opéra romantique en trois actes dure environ trois heures vingt auxquelles il faudra ajouter le ou les entractes. Un sous-titrage en français et allemand permet un meilleur suivi des dialogues et chant façonnés dans la langue de Goethe. Wagner en a présenté la version originale à Dresde en 1845, avant d’en modifier le troisième acte et la fin quelques années après dans la même ville. Une troisième version a été créée à Paris en 1861 et une quatrième à Vienne et Munich quelques années plus tard.
À l’acte I, captif consentant de Vénus, Tannhäuser commence à trouver le temps long dans la grotte d’amour de la déesse, ce royaume sous-terrain où il vient de passer un an de sa vie. Aspirant à retourner parmi les vivants, il chante un hommage à Vénus et lui demande de le libérer. Comme il insiste elle s’emporte et lui promet de ne plus jamais trouver le salut. Invoquant la Vierge Marie, Tannhäuser est soudainement transporté dans une vallée près du château de la Wartburg. Une procession de pèlerins, en chemin pour Rome, passe, tandis que Tannhäuser loue la gloire de Dieu et demande la rédemption. Des cors annoncent l’arrivée des chasseurs qui ne sont autres que le Landgrave Hermann et ses chevaliers. Ces derniers se souvenant des joutes lyriques passées accueillent avec joie le retour du jeune chanteur et l’invitent au château. S’il hésite un temps, Wolfram trouvera l’argument décisif pour le convaincre en lui rappelant comment son chant avait autrefois séduit Elisabeth.
Joute lyrique et fatale
L’acte II commence avec la joie d’Elisabeth, la nièce du Landgrave Hermann, heureuse de retrouver la grande salle du château où elle n’a pas mis les pieds depuis le départ de Tannhäuser. Quand ce dernier arrive en compagnie de Wolfram, elle se montre timide et confuse, puis lui exprime sa souffrance en son absence avant de le rejoindre dans un éloge à l’amour. Wolfram ne peut en les voyant que s’incliner devant le couple et oublier ses propres sentiments pour Elisabeth.
La Landgrave Hermann et sa nièce accueillent les invités au grand concours de chant du château dont le thème sera l’éveil de l’amour, la récompense étant l’accomplissement d’un voeu qu’Elisabeth accordera au vainqueur. Wolfram commence en célébrant la pureté de l’amour qui ne doit pas être troublé. Tannhäuser donne la réplique en vantant la sensualité de l’amour, ce qui provoque la colère de Biterolf et Walther. Mais Tannhäuser choquera encore davantage l’assemblée en chantant son ode à Vénus et en révélant son séjour dans le Venusberg. Alors que les chevaliers le menacent, Elisabeth intercède en sa faveur et le landgrave le condamne à rejoindre les pèlerins en partance pour Rome, afin d’implorer le pardon du pape.
Au troisième acte, nous retrouvons Elisabeth un an plus tard, dans la vallée de Wartburg, guettant le retour des pèlerins et espérant retrouver parmi eux l’homme qu’elle aime. Constatant qu’il n’y est pas, elle implore la vierge et offre sa vie contre la rédemption de Tannhäuser. Elle retourne à la Wartburg le coeur brisé, refusant l’aide de Wolfram qui pressent sa mort prochaine. Ce dernier s’adresse à l’étoile du soir lui demandant qu’Elisabeth soit au ciel l’ange qu’elle fut sur terre.
Tannhäuser arrive en guenille et à bout de force. Évoquant pour Wolfram son repentir et surtout son désespoir de n’avoir pas été pardonné par le pape, il exprime son désespoir et son désir de retourner au Venusberg. Le pape devait lui refuser son pardon tant que son bâton pastoral ne reverdirait pas… Vénus apparaît l’invitant à le rejoindre, ce à quoi il résiste quand Wolfram le convainc de rester en souvenir d’Elisabeth. La déesse repart folle de rage.
Une procession funéraire arrive portant le corps d’Elisabeth. Tannhäuser implore cette dernière de prier pour lui, et il s’effondre soudainement. À l’aube, un autre groupe de pèlerins annonce un miracle : le bâton du pape qu’ils transportaient a reverdi.