L’abattage de chauves-souris a débuté le samedi 7 novembre. Le ministère a choisi de ne pas communiquer les chiffres, mais selon nos sources, elles seraient une centaine de chauves-souris à être tuées chaque jour. Le mouvement de contestation se poursuit à travers l’UICN, qui a envoyé une délégation à Maurice, et la Mauritian Wildlife Foundation, entre autres.
Le ministère de l’Agro-Industrie est catégorique : “Aucun chiffre ne sera avancé jusqu’à la fin des opérations, prévue vers la fin de novembre.” Selon nos recoupements d’informations, la SMF, chargée d’éliminer 18,000 chauves-souris pendant cette opération, en abat une centaine par jour. Elles sont par la suite incinérées. Nos sources indiquent que l’abattage serait fait également en pleine journée alors que, selon le communiqué du ministère de l’Agro-Industrie, il ne serait effectué que la nuit.
Vikash Tatayah, de la Mauritian Wildlife Foundation, s’indigne : “L’abattage de chauves-souris va à l’encontre de l’Animal Welfare Act et de la Native Diversity of National Parks. Nous sommes contre cet abattage. On les tue un peu partout dans les forêts, qui sont des zones protégées. Cela risque d’inciter la population à abattre des chauves-souris. C’est un exercice qui n’a pas sa raison d’être et qui ne résoudra pas le problème. Les chauves-souris ne sont pas les seuls prédateurs de fruits; il y a aussi les oiseaux et la chute naturelle de fruits ainsi que le gaspillage.”
Il faut rappeler que la Mauritian fruit bat (Pteropus niger) est une espèce endémique de Maurice, protégée par la Wildlife and National Parks Act 93. Toute personne trouvée coupable d’avoir abattu une chauve-souris est passible d’une peine d’emprisonnement maximale de cinq ans et d’une amende n’excédant pas Rs 100,000.
Lucy Ramlochun, Manager de Paws à The Vale, se dit choquée par cette campagne d’abattage. “J’ai vu les membres de la SMF arriver avec leurs fusils aux abords des forêts. C’est absolument choquant de tuer ces chauves-souris nichées sur des arbres. Beaucoup ne seront que blessées et souffriront terriblement avant de mourir. Le gouvernement est dans le faux. C’est illégal de tuer un animal protégé délibérément.”