Avec l’échéance du 30 juin se précisant pour l’émission de Zero-Coupon Debentures en faveur des victimes du Ponzi-Like Scheme de BAI, en particulier les détenteurs de Super Cash Back Gold, les bouchées doubles sont mises en vue de constituer la cagnotte de remboursement. Ainsi, en fin de semaine, le Special Administrator de BAI Co (Mtius) Ltd and Related Entities, Yacoob Ramtoola et ses plus proches collaborateurs sont engagés dans une course contre la montre pour boucler deux dossiers majeurs, en l’occurrence la vente de la clinique Apollo-Bramwell et celle des 23 % d’actions du groupe BAI au sein de Britam Kenya. En cas de conclusion des ultimes tractations en cours jusqu’à fort tard hier soir, décalage horaire oblige avec Londres et Nairobi, la National Property Fund Ltd, responsable de l’émission de Debentures, pourra compter sur un apport financier non négligeable de l’ordre de Rs 4,9 milliards, sans compter les autres exercices de recouvrement de fonds enclenchés, que ce soit au titre de l’ex-Bramer Banking Corporation Ltd (In Receivership) ou la vente des biens immobiliers, dont les paliers restants de la Bramer House à Ébène CyberCity.
En début de soirée d’hier, les recoupements d’informations effectués par Le Mauricien auprès des sources concordantes soutenaient que « les deals que ce soit pour la vente de la clinique de Dawood Ajum Rawat ou encore des actions au sein de la société Britam du Kenya avancent ». « À ce stade, il n’y a aucune raison de croire que tel ne sera pas le cas au vu des échanges en cours avec les parties concernées », fait-on comprendre dans les milieux concernés, qui se disent confiants de pouvoir mener à bien la mission avec les virements dans les comptes bancaires (Escrow Account) dès la reprise du marché la semaine prochaine.
Le dossier le plus délicat demeure la vente de la clinique Apollo Bramwell avec un Price tag de Rs 2,1 milliards vu que la date butoir du 21 avril pour la conclusion était déjà consommée. Le Preferred Bidder, la société Omega Ark International plc de Londres, était dans l’attente de certaines garanties du gouvernement avant de passer à l’étape des procédures menant à la mise en opération d’un Escrow Account pour le versement des Rs 2,1 milliards pour le compte de la National Health Care Co Ltd.
Pour la dernière partie des négociations, les ministères de la Santé et des Finances ont été appelés en renfort compte tenu de la nature des garanties réclamées. Les promoteurs d’Omega Ark International plc veulent obtenir du gouvernement qu’avec la reprise de la clinique, la nouvelle direction médicale sera en mesure de s’engager dans des activités de radiothérapie et également proposer des services de transplantation d’organes. Le principal obstacle à surmonter à ce chapitre est que la Regulatory Framework pour ces services médicaux spécialisés n’est pas disponible à Maurice dans la conjoncture.
Bataille rangée
Une autre demande du Preferred Bidder porte sur le transfert des pertes fiscales essuyées par le groupe BAI avec les opérations à perte de la clinique. Cette question d’exemptions relève davantage de la Mauritius Revenue Authority (MRA). Les milieux autorisés avancent que cette dérogation fiscale est une pratique courante dans des cas de reprise d’activités économiques des compagnies. « Toutefois, la demande devra être formulée par la société après la reprise », souligne-t-on. En fin de semaine, les ultimes tractations étaient en cours avec pour objectif de conclure la transaction menant à l’ouverture de l’Escrow Account pour la réception des Rs 2,1 milliards la semaine prochaine.
Dans le cas de la vente de la participation de 23 % des actions de BAI au sein de la société Britam Kenya, les procédures ont atteint un stade bien avancé avec les conseils légaux des deux parties, ayant déjà procédé au Vetting de l’Agreement permettant à la National Property Fund Ltd de bénéficier de recettes de l’ordre de Rs 2,8 milliards. En fin de semaine, les repreneurs kényans au sein de Britam Kenya s’apprêtaient à compléter la dernière étape, soit le feu vert pour l’opération de l’Escrow Account.
Au cas où ces deals sont scellés de manière formelle, la cagnotte de remboursement des détenteurs du Super Cash Back Gold du défunt groupe BAI sera alimentée de Rs 4,9 milliards. À cela, il faudra ajouter les Rs 400 milliards, qui ont été Released par MauBank après un bras de fer avec le Special Administrator de BAI Co (Mtius) Ltd and Related Entities. Cette dernière somme représente les liquidités disponibles à la Bramer Banking Corporation Ltd au moment de la mise en liquidation avec le retrait de la Banking Licence par la Banque de Maurice le 2 avril de l’année dernière. Toutefois, ce montant exclut les dépôts bancaires des membres de la famille de Dawood Ajum Rawat aux termes d’un accord survenu en Cour suprême le 4 avril dernier.
La prise en charge des avoirs de la Bramer Banking Corporation Ltd, dont des Toxic Loans de Rs 5 milliards, a donné lieu à une bataille rangée à différents niveaux avec la Banque de Maurice, dont le gouverneur Ramesh Basant Roi, s’opposant frontalement à une décision du conseil des ministres. La Banque centrale ne s’est nullement gênée pour s’aligner sur la position adoptée par Laina Rawat-Burns, réclamant une injonction intérimaire contre le transfert des Assets de la défunte Bramer Bank.
Repreneur contesté
A ce stade, deux opérations en vue de récupérer des fonds pour le compte de la National Property Fund sont en suspens. La vente de BA Exchange avec le réseau de guichets de change de Western Union pour un montant de Rs 250 millions n’a pu être conclue. La Banque de Maurice a objecté formellement contre le choix du repreneur. Un nouvel exercice est en cours. L’autre porte sur l’ouverture de l’actionnariat de la National Insurance Company Ltd avec la SICOM et la State Bank of Mauritius Ltd comme éventuels partenaires. Les obstacles dans la conclusion de ces transactions demeurent toujours.
D’autre part, avec la nomination d’un Estate Agent pour la vente des biens immobiliers du groupe Rawat, des clients ciblés ont été approchés pour les paliers restants de Bramer House avec des rentrées de fonds escomptées à Rs 500 millions ou encore Rs 400 millions avec les appartements de luxe du complexe Diplomat Garden.
Le plus difficile de tout cet exercice concerne la récupération de ces Rs 5 milliards sous forme de Toxic Assets à l’ex-Bramer Banking Corporation, dont Rs 4 milliards attribués à Dawood Rawat et à son groupe sans oublier le Financial Footprint de Rs 500 millions dans Media Matrix et autre Half-Baked Deal.