L’enquête du Central CID sur l’écroulement de l’empire de Dawood Rawat dans le cadre de l’opération « Daylight Robbery », avec un préjudice de Rs 23 milliards – notamment le volet des découverts bancaires de Rs 3,6 milliards de la Banque des Mascareignes du 31 décembre 2009 –, pourrait rebondir dans les prochains jours. Des membres de l’ancien board et du Top Management de la Financial Services Commission (FSC) pourraient en effet être entendus “Under Warning” sur les événements intervenus en 2009 et 2010, en l’occurrence l’émission avortée de 3,6 milliards d’actions de la BAI Co (Mtius) Ltd, qui avait été envisagée à cette même époque. D’autre part, dans le cadre de sa campagne de communications, Courts Asia, qui a été évincée dans la reprise de Courts à Maurice, a procédé à la dissémination d’une lettre venant des employés de Courts dénonçant le fait que les nouveaux acquéreurs ne disposent pas de fonds pour relancer les opérations.
Après l’inculpation de quatre anciens membres du Top Management de la Banque des Mascareignes dans l’opération de “Window Dressing” et de “Reverse Window Dressing” du groupe BAI, le 31 décembre 2009, avec des découverts bancaires fictifs de Rs 3,6 milliards, le Central CID se penche sur la responsabilité collective de la FSC dans cette affaire. D’anciens responsables pourront être convoqués aux Casernes centrales pour des explications sur ces événements.
Le principal point de litige demeure le projet mort-né de décembre 2009 et de janvier 2010 du groupe BAI, avec une émission de 3,6 milliards de titres d’une valeur faciale de Re 1, permettant au groupe dirigé par le Chairman Emeritus Dawood Rawat de combler un trou de Rs 3,6 milliards dans les comptes. En date du 21 décembre 2009, la FSC avait été informée officiellement de cette démarche du groupe BAI, avec une incursion sur le marché pour lever des fonds. Néanmoins, aucun suivi n’avait été effectué car le projet d’émettre trois actions par tête d’habitant n’avait jamais été matérialisé.
Les responsables de la FSC de 2009 devront être appelés par le Central CID à fournir des explications sur les procédures adoptées après les échanges de correspondances avec le groupe BAI sur son projet de nouveaux titres et sur les raisons pour lesquelles il n’y a pas eu de suite. Dans les milieux du monde des affaires « with no strings attached », on fait comprendre que les découverts fictifs de la Banque des Mascareignes et l’avorton des 3,6 milliards d’actions constituaient des « sufficient pointers of impending BAI crash ».
Le Central CID compte compléter les auditions des anciens officiels de la FSC en guise d’intermède avant de s’attaquer aux Board Members et Top Managers du groupe, dont l’ancien Chief Executive Officer et Chairman Saleem Eshan Beebeejaun, qui se trouve actuellement à l’étranger, le Chief Financial Officer Swadeck Taher et le Chief Operating Officer Rajanah Seemadree.
En parallèle, Courts Asia, société basée à Singapour, se signale de nouveau avec une nouvelle communication à la presse. Dans un commentaire accompagnant une lettre de dénonciation des employés de Courts, Terry O’Connor, Group CEO de Courts Asia Ltd, avance : « Until today, the Financial Services Commission and newly appointed Special Administrator have not been forthcoming about the circumvented bidding process, and how Courts Asia, as a foreign company willing to invest in Mauritius, was blindsided and discriminated against. »
Se faisant l’écho des employés de Courts, craignant une nouvelle vague de licenciements en janvier prochain, « car les repreneurs ne disposeraient pas de fonds nécessaires, même pour acheter du papier toilette », Terry O’Conner souligne : « Earlier this month, I received an anonymous letter from a group of non-management staff of Courts Mauritius, depicting a situation of remuneration, stock fulfilment and store operations that is far from resolved, and in contrast to what is being reported to the media. This group of staff believes that the outcome of the bid for Courts Mauritius was politically motivated and based on unfair practices, which completely mirrors our sentiments. » Ces employés souhaitent voir un deal entre Courts Asia et le consortium de David Isaacs.